On ne veut pas revoir ça

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On ne veut pas revoir ça
Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2012-06-16T17:46:35.000Z, mis à jour 2012-06-17T20:04:20.000Z

Le dernier choc entre le Portugal et les Pays-Bas avait tourné à la "boucherie" lors du Mondial 2006. Cette fois, on espère un autre match.

Le Portugal et les Pays-Bas ne sont pas encore sûrs de voir les quarts de finale. Et les deux nations partagent un autre point commun, celui d'avoir participé au match le plus sanctionné lors d'une phase finale de grande compétition, Coupe du monde ou Euro. Leur dernière confrontation, en huitième de finale du Mondial 2006, avait tourné à la bataille de rue, l'arbitre distribuant quatre cartons rouges et seize jaunes. Un triste record. Les deux équipes avaient ainsi terminé la rencontre à neuf après les expulsions de Costinha (45e+1) et Deco (78e) côté portugais et de Khalid Boulahrouz (63e) et Giovanni van Bronckhorst (90e+5) chez les Oranje.

Lors de ce match dit "de la honte", les Portugais avaient récolté neuf avertissements, pour sept aux Néerlandais. Des cartons brandis par un arbitre, le Russe Valentin Ivanov, complètement dépassé. Ce fut une "boucherie" ce 25 juin 2006 à Nuremberg, se lamentèrent les médias des deux pays. Le Néerlandais Khalid Boulahrouz avait mis le feu aux poudres en agressant Cristiano Ronaldo. A la 7e minute de ce match remporté par les Portugais (1-0) celui qui est surnommé le "Cannibale" avait posé ses crampons sur la cuisse de CR7 qui avait dû quitter le jeu à la demi-heure criant à "l'agression délibérée", à "l'attentat volontaire". "Ce soir-là, il y avait un contrat sur ma tête", dira CR7.

Ronaldo : "Il y avait un contrat sur ma tête"

Peut-on revivre pareille parodie de football ? "Je ne sais pas, mais je suis préparé à tout, même à un match très physique", a répondu Bruno Alvès en conférence de presse. Alors que les deux camps risquent l'élimination, la tension risque en effet d'être à son comble. Au Portugal comme aux Pays-Bas, les critiques pleuvent de toute part. Elles se cristallisent sur Cristiano Ronaldo côté lusitanien. Elles frappent de tous les côtés chez les Néerlandais : l'inefficacité des attaquants, le rôle de Mark van Bommel, les dissensions au sein du groupe... Et la nervosité commence à se faire sentir dans l'équipe. Bert van Marwijk l'a notamment vue lors de la défaite face à l'Allemagne (1-2). "Quand l'Allemagne a ouvert le score, une certaine peur a envahi l'équipe, avoue le sélectionneur. On n'osait plus défendre haut, donc des espaces sont apparus, surtout au milieu, et les Allemands en ont profité".

Pourtant, on ose croire à un autre match pour ces retrouvailles. D'abord parce que, même si Pepe et van Bommel ne sont jamais à l'abri d'un dérapage incontrôlé, les acteurs ont changé. Seuls Cristiano Ronaldo, Robin van Persie, Arjen Robben, Dirk Kuyt, Joris Mathijsen, Mark van Bommel, Khalid Boulahrouz et Wesley Sneijder avaient disputé la "boucherie de Nuremberg" il y a six ans. Mais Ronaldo et Boulahrouz (qui avait aussi giflé Figo en cours de match) ne devraient pas se croiser sur la pelouse du FC Metalist, le Batave devant débuter sur le banc. Sauf si Bert van Marwijk devait titulariser le défenseur du VFB Stuttgart en lieu et place de Grégory van der Wiel peu à son affaire depuis le début du tournoi. Peu probable.

"Développer du jeu pour marquer"

Autre motif d'espoir, les deux sélectionneurs misent sur un match placé sous le sceau de l'offensive. "Ce match sera l'occasion de voir deux équipes très offensives, a ainsi promis Paulo Bento. Nous allons nous battre de la première à la dernière minute". De son côté, van Marwijk a "prévenu (ses) joueurs qu'ils devraient faire attention aux cartons" et mis en avant son désir de "développer un jeu qui nous permette de marquer". "Il faudra attaquer. La stratégie sera basée là-dessus, assure-t-il. Et je suis persuadé que si on en met un, on en marquera un deuxième." Histoire de joindre la parole et les actes, le Néerlandais devrait faire débuter Klaas-Jan Huntelaar et Rafael Van der Vaart à la place de Nigel De Jong et Ibrahim Affelay. Pour Bento, "si Van der Vaart est aligné d'entrée, les Pays-Bas afficheront un autre visage". On ne demande qu'à le croire.