Où sont passés les "coiffeurs" ?

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Où sont passés les 'coiffeurs' ?
Par Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-17T13:22:59.000Z, mis à jour 2012-06-18T19:05:38.000Z

Après deux matches, Laurent Blanc a déjà fait jouer 17 des 23 Bleus, permettant à son groupe de rester sous tension et concerné.

"Le groupe vit bien" est probablement l'un des poncifs footballistiques les plus éculés et pourtant les plus usités. Des fois à raison. Parfois à tort. Pour faire simple, une équipe s'épanouit dans la victoire. Moins dans la défaite. C'est vieux comme le monde et ce n'est pas demain que cela changera. On peut donc penser que les Bleus vivent plutôt bien leur début d'Euro, après un nul face à l'Angleterre (1-1) et une victoire face à l'Ukraine (2-0). Et quand on parle des Bleus, on parle des 23. Les 11 qui sont sur le terrain et les "coiffeurs" qui, jusqu'ici, n'en ont que le nom puisque Laurent Blanc a réussi le tour de force de donner du temps de jeu à la plupart de ses hommes depuis le début de la compétition.

En 180 minutes, le sélectionneur de l'équipe de France a déjà utilisé 17 joueurs, plus ou moins longtemps évidemment. Si l'on excepte les deux gardiens remplaçants, dont le rôle est particulier, il n'y a donc que quatre membres de la liste qui n'ont pas encore foulé la pelouse en match officiel : Anthony Réveillère, Mathieu Valbuena, Blaise Matuidi et Laurent Koscielny. A la vitesse où vont les choses et même si l'équipe de France n'aura pas de match sans enjeu à disputer, il n'est pas interdit de penser que ces joueurs auront peut-être leur mot à dire à un moment ou à un autre. Dans la vie d'un groupe, ça compte énormément. Yann M'Vila, parti pour être titulaire avant que sa cheville et Alou Diarra ne changent ses plans, ne dira pas le contraire : "Quand on peut faire appel aux remplaçants sans déséquilibrer l'équipe, c'est bien. C'est avec tout un groupe qu'on ira le plus loin possible."

S'il a puisé dans son réservoir, Laurent Blanc n'a pas œuvré avec l'idée de faire plaisir aux joueurs concernés. Mais de chercher la bonne personne, au bon endroit et au bon moment. Que ce soit face aux Anglais ou aux Ukrainiens : "Chaque adversaire est différent. Il y a une analyse à faire à chaque match. Les compositions sont faites en fonction du match à venir. Et non de celui qui vient d'être joué", s'est-il justifié samedi au lendemain de la victoire des Bleus face à l'Ukraine. Victoire construite avec deux hommes qui n'étaient pas de la première sortie des Tricolores : Jérémy Menéz et Gaël Clichy.

Sept à 180 minutes

Cette gestion aux petits oignons a plusieurs avantages. Le premier tient au temps de jeu et les réserves physiques de ses hommes. Seuls 7 Bleus ont disputé l'intégralité des deux matches (Lloris, Debuchy, Rami, Mexès, Diarra, Nasri et Ribéry), les autres ont pu souffler quelque peu. Parfois sur un laps de temps très court. Mais compte tenu du rythme d'une telle compétition et sa position dans la saison, personne ne s'en plaindra.

Humainement, Laurent Blanc évite ainsi au groupe de se scinder entre les titulaires et les coiffeurs. Jusqu'ici la césure n'existe que lors des entraînements de lendemain de match durant lesquels les titulaires de la veille suivent un décrassage basique tandis que les autres participent à un entraînement que l'on qualifiera de normal. Néanmoins, le sélectionneur n'est pas dupe. Il y aura forcément des déçus à la fin de l'histoire. C'est cruel mais inévitable. Reste à savoir ravaler sa rancœur et faire en sorte que le collectif prime : "Dans les grandes compétitions, on ne peut pas tous jouer. Que les joueurs soient déçus, je comprends. J'ai connu cette situation-là, se souvient le sélectionneur. Après, la déception doit être digérée rapidement. Puis avoir un état d'esprit irréprochable pour entrer si on a besoin de vous. Après, il faut avoir le bon mot dans le groupe, la bonne parole." Afin que le groupe vive bien. Pour de vrai. Et jusqu'au bout.