Pays-Bas, tout à l'ego

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Pays-Bas, tout à l'ego
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2012-06-12T14:27:24.000Z, mis à jour 2012-06-13T16:15:33.000Z

Minés par leur défaite initiale, les Pays-Bas font face aux vagues à l'âme de certaines de leurs stars. Presque une tradition pour eux.

Avec les Pays-Bas, c'est un peu toujours la même rengaine. Quand une grande compétition internationale démarre, les egos s'aiguisent et le collectif déraille. Les guerres d'ego, c'est un tradition au plat pays. D'autant plus que la sélection actuelle ne manque pas de fortes personnalités... Petit flash back : juste avant la Coupe du monde 1994, Ruud Gullit conteste l'autorité de Dick Advocaat et conteste son positionnement sur le terrain. Lors de l'Euro 1996, Guus Hiddink s'attire les foudres de ses stars en les plaçant sur le banc alors qu'Edgar Davids est écarté du groupe.

La génération dorée des Kluivert, Bergkamp et autres Seedorf ne gagnera jamais rien, minés par des egos XXL. En 2004, c'est Edgar Davids encore lui, qui rentre au conflit avec Advocaat. Même lors de la dernière Coupe du monde, van Persie a joué les divas en exigeant de jouer en pointe avec van der Vaart, Robben et Sneijder derrière lui. Souhait exaucé. Cet Euro 2012 part sur les mêmes bases : les Oranje ont du talent plein les pattes mais ont bien du mal à construire un collectif cohérent animé autour d'un but commun.

Huntelaar et van der Vaart en plein spleen

Le casse-tête est le même depuis des années : comment réussir à faire cohabiter certains des plus grands talents offensifs du continent dans une seule et même sélection ? C'est Huntelaar qui a ouvert les hostilités en apprenant qu'il n'était pas titulaire face au Danemark : "J'ai déjà dit que je suis déçu et fâché." La défaite face aux Danois (1-0) a forcément donné du grain à moudre aux déçus, certains éléments clés dans leur club qui acceptent difficilement leur statut sur le banc de touche néerlandais. Rafael van der Vaart n'a pas hésité a étalé son spleen lundi après avoir vu ses coéquipiers s'incliner depuis le banc de touche : "Il y a des jours où ça va mieux que d'autres, mais je suis très déçu par ma situation."

"Il y a de gros ego dans l'équipe", reconnaît Sneijder, le patron du vestiaire Oranje. "C'est normal. Huntelaar est meilleur buteur de Bundesliga, Van Persie en Angleterre. De Jong est champion d'Angleterre. Ces joueurs ont une légitimité." Le stratége du milieu de terrain batave l'admet tout de même : "L'ambiance n'est pas la même qu'au Mondial 2010. Mais c'est normal quand on perd le premier match. Il n'est pas nécessaire que nous soyons tous amis pour jouer ensemble et gagner des matches." Une affirmation en forme d'aveu. Avec les Pays-Bas, c'est un peu toujours la même rengaine...