Les Pays-Bas tombent de haut, de très haut

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Les Pays-Bas tombent de haut, de très haut
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-17T22:21:52.000Z, mis à jour 2012-06-18T21:08:21.000Z

Battus par le Portugal (1-2), les Oranje quittent l'Euro 2012 sur un piètre bilan. Ils en étaient pourtant l'un des favoris.

C'est une maigre consolation. Les Pays-Bas ont une raison, une seule, de relativiser leur élimination prématurée de cet Euro 2012. En 2004 et en 2008, l'Allemagne et la France étaient, eux aussi, vice-champions du monde, lorsqu'ils ont quitté la scène continentale par la toute petite porte. Mais au moins, ils n'étaient pas rentrés bredouilles. Les Oranje ont fait "mieux" : ils regagnent leurs pénates les valises vides. Avec pour seul compagnon de route un immense sentiment de gâchis. Comment les Pays-Bas, présumés favoris au même titre que l'Allemagne et l'Espagne, ont-ils pu déserter l'Ukraine sur ce bilan désastreux de trois défaites en autant de rencontres ? Celle concédée dimanche soir, face au Portugal de Cristiano Ronaldo (2-1), n'a rien de déshonorante. Mais elle vaut toutes les analyses des maux néerlandais dans cet Euro. "Beaucoup de joueurs ont eu des occasions de marquer aujourd'hui mais nous avons de nouveau manqué d'efficacité, soupire Bert van Marwijk. Et mes défenseurs étaient fébriles."

Le sélectionneur batave n'a pourtant pas hésité à "prendre des risques" : il a jeté toutes ses forces offensives dans la bataille, en alignant Huntelaar ET van Persie. Trop tard. La situation était déjà compromise après les deux revers face au Danemark (0-1) et contre l'Allemagne (1-2). Le but, précoce, de Rafael van der Vaart a récompensé cette audace. Il aurait dû booster les Oranje. Il les a, au contraire, freinés dans leur élan. "Nous avons certes débuté avec beaucoup de vitesse. C'était l'objectif. Après, tout s'est éteint, déplore le capitaine batave, positionné aux côtés de Nigel de Jong à la récupération. Ce fut de plus en plus mauvais. Et nos adversaires étaient meilleurs."

Robben : "Il faut oser se regarder dans le miroir"

En réalité, le mal néerlandais est plus profond. Il pourrait se diagnostiquer ainsi : les talents, incontestables soient-ils, ne forment pas à coup sûr une équipe brillante. Dit autrement, les Pays-Bas ont payé au prix fort leur guerre des ego. Les explications, volontairement confuses, trahissent un malaise interne. Quand on lui tend les micros pour s'exprimer sur le sujet, Arjen Robben esquive : "Il y a des choses qui se sont passées dans le groupe mais nous garderons ça pour nous. Il faut oser se regarder dans le miroir: nous avons tous échoué !" Les propos, tout aussi flous, de Van Marwijk ne contribuent pas à balayer la thèse d'une ambiance pesante, suffocante : "On n'a pas su reproduire nos prestations du Mondial 2010 car certains joueurs qui font habituellement la différence ne l'ont pas fait cette fois, pour toutes sortes de raisons."

En poste depuis quatre ans, le sélectionneur batave "assume la responsabilité" de cette piteuse élimination. Et même si son contrat court jusqu'en 2016, son avenir s'écrit avec un immense point d'interrogation. L'intéressé s'est refusé à l'évoquer dimanche soir. Ses joueurs se sont donc empressés de lui apporter leur soutien. "Devons-nous poursuivre avec Bert van Marwijk ? Je dis oui, affirme Wesley Sneijder, le milieu de terrain de l'Inter Milan. Il y a deux ans au Mondial, cela avait très bien fonctionné. Cette fois-ci, non. Mais je trouve qu'il a encore clairement un avenir à la tête des Oranje. Il a démontré ses qualités ces dernières années en étant capable de résoudre des problèmes internes de la bonne façon." Visiblement, pas cette fois.