Le Portugal passe des paroles aux actes

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Le Portugal passe des paroles aux actes
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-27T21:46:16.000Z, mis à jour 2012-06-28T11:49:50.000Z

Le Portugal avait promis qu'il ne se renierait pas face à l'Espagne. Promesse tenue. Ne manquait que la récompense.

De son canapé, Laurent Blanc a sans doute eu quelques regrets supplémentaires. En regardant cette première demi-finale de l'Euro entre le Portugal et l'Espagne, le patron des Bleus a probablement compris qu'il existait une autre voie pour déstabiliser ou, au moins, faire douter les rois du monde et d'Europe. Il suffisait de croire en son étoile et son projet. Ce que la Selecção a fait, fidèle aux promesses de Paulo Bento. Mardi en conférence de presse, le patron de la sélection portugaise l'avait répété à l'envi : son équipe survivrait ou mourrait avec ses idées. Mercredi à la Donbass Arena, Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers sont entrés sur le terrain pour en découdre projet contre projet avec les champions du monde et d'Europe espagnols. A l'arrivée, une défaite aux tirs au but (0-0, 2-4). Cruelle.

Punis pour avoir trop respecté et pas suffisamment agressé les Espagnols lors de leur dernière rencontre officielle, du côté du Cap en huitième de finale de la Coupe du monde 2010, les Portugais avaient retenu la leçon. Mercredi, ils ont joué sans regarder qui était en face. Un onze de départ sans surprise, avec Hugo Almeida en pointe à la place d'Helder Postiga, blessé, et pour le reste semblable à celui des quatre premiers matches. Mêmes hommes, même 4-3-3 et même désir de ne pas courber l'échine face au voisin. L'équipe de France avait tenu 19 minutes en "bétonnant", la Selecção s'est montrée au niveau en dosant ses efforts et ses ambitions. Défendre, oui. Mais méthodiquement et intelligemment. Et haut si possible.

L'Espagne jamais tranquille

Jamais, les Portugais ont refusé le face-à-face. Physiquement et ballon au pied. Au risque de s'exposer. Si les Espagnols ont pu trouver quelques espaces et se créer une poignée de demi-occasions durant les 90 premières minutes, par son attitude, le Portugal n'a jamais permis aux joueurs de Vicente Del Bosque d'être tranquilles et les a mis devant leurs responsabilités et leur manque de percussion offensive, sensation déjà ressentie lors des matches précédents. Tout le contraire d'un Portugal globalement plus saignant dans ses intentions mais tout aussi muet à la finition. Hugo Almeida puis Nelson Oliveira ont beaucoup couru dans le vide, sauté pour attraper des miettes - sans jamais déserter la surface quand les ballons arrivaient. Les "ailes", Cristiano Ronaldo comme Nani, se sont armés de patience, précieux dans le replacement et prêts à griffer à la moindre occasion.

Devant les difficultés de son animation et le manque de tranchant qui l'accompagnait, Del Bosque a décidé de lancer Fabregas dans la bataille quelques minutes après la pause (54e). Exit Negredo. Paulo Bento s'attendait à se retrouver en infériorité numérique au milieu si le Barcelonais venait à fouler la pelouse de la Donbass Arena. Ses hommes aussi semble-t-il. Un peu moins efficaces au fil des minutes dans leur moitié de terrain mais toujours aussi concentrés sur leur tâche, les Portugais ont néanmoins gagné en audace offensive ce qu'ils ont perdu en rigueur défensive. Sans trouver la faille, faute de précision, et avant de baisser de pied au fil de la prolongation. Ce n'était pas une soirée pour les artistes. La partie d'échecs a duré jusqu'au bout de la nuit. Le Portugal n'en est pas sorti vainqueur. Mais il est mort sans se renier.

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