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Pourquoi Gourcuff ? Parce que

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Pourquoi Gourcuff ? Parce que
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-05-15T21:02:05.000Z, mis à jour 2012-05-16T11:41:04.000Z

Malgré "un bilan en club indéfendable", Yoann Gourcuff figure dans la seconde pré-liste de Laurent Blanc. "Parce qu'il fait partie du groupe depuis le départ", a justifié le sélectionneur national. Mais aussi parce que "durant sa longue absence, personne ne s'est imposé dans son secteur de jeu".

C'est un choix qui fait déjà jaser. Laurent Blanc savait qu'il serait contesté. Le sélectionneur national s'est donc évertué à le justifier. A défendre "un bilan indéfendable" : celui de Yoann Gourcuff. Le milieu de terrain lyonnais sort d'une saison morose. "Chaotique", disait même Blanc la semaine dernière, au micro de Téléfoot. Elle a été rythmée par des pépins physiques récurrents et une méforme persistante. Elle s'est conclue par une légère éclaircie. Le Breton vient de disputer sept matches avec l'OL, les cinq derniers en tant que titulaire. Bilan : un temps de jeu moyen de 56 minutes, un but et une passe décisive. Oui, Gourcuff va mieux. Aux yeux de Rémi Garde, il "dégage actuellement plus de puissance, plus de fluidité dans le jeu et la fraîcheur". Mais ce n'est sûrement pas pour ça que Blanc l'a retenu mardi. La raison, officielle, avancée par le Cévenol, c'est que son ancien protégé - "son chouchou", diront les mauvaises langues - "fait partie du groupe depuis le départ".

S'il "conçoit qu'on puisse se poser des questions sur les performances sportives de Gourcuff", le patron de Bleus rappelle que "ses statistiques en équipe de France ne sont pas si mauvaises que ça" : 3 buts et 1 passes en 6 sélections sous l'ère Blanc. Mais face à la "fixation" des journalistes, il a aussi mis en avant un autre argument, imparable celui-là : "Durant sa longue absence, personne ne s'est imposé dans son secteur de jeu. Et si certains blessés ne l'étaient pas, on ne parlerait pas de Gourcuff." En clair, le forfait d'Abou Diaby, pour ne citer que lui, lui a rouvert des portes qui semblaient fermées. L'homme qui valait 22 millions d'euros en août 2010 n'a plus été appelé depuis des lustres. Sa 28e et dernière apparition en Bleu commence à dater : elle remonte au 29 mars 2011, face à la Croatie (0-0).

"On dirait qu'on va faire entrer le loup dans la bergerie"

Son retour pose évidemment de vastes questions. D'abord celle de son intégration "dans un groupe qu'il connaît", avec lequel "il a un vécu". La présence d'un joueur "au bilan indéfendable en club" risque de ne pas faire l'unanimité. Au point de briser la paix sociale ? Au risque de rouvrir les plaies de Knysna, où Gourcuff vivait tellement en marge des autres que ses coéquipiers l'avaient baptisé "la Nouvelle star"? "On dirait qu'on va faire entrer le loup dans la bergerie, rétorque Blanc. Il a fait partie de ce groupe, il y était quand je suis arrivé. Hatem est à l'extérieur du groupe. Il n'a pas vécu avec. Mais Yoann n'est pas dans la même configuration. Ne le faisons pas passer pour un loup. Il n'est pas un loup."

Mais est-il le seul capable d'endosser le costume du chef d'orchestre ? Les Bleus peuvent-ils jouer autrement qu'en 4-2-3-1, taillé sur mesure pour un meneur axial, censé donner du corps, du liant et de la créativité à leur jeu ? Ces questions, Blanc n'a pas pu les esquiver. Il y a répondu par une jolie pirouette : en soulignant la polyvalence de Gourcuff. "Il n'est pas qu'un numéro 10. Il peut aussi évoluer en numéro 8. En Angleterre, il a joué avec Nasri. Gourcuff peut jouer sur les deux postes." Cette option avait porté ses fruits à Wembley, lors de la victoire tricolore en Angleterre (1-2). Elle avait même séduit. Forcément, Blanc ne l'a pas oublié. Mais ce doux souvenir ne garantit rien à Gourcuff. Le carton rouge reçu ce week-end, à Ajaccio (1-1), a mis un terme à sa saison de Ligue 1. Il n'aura donc qu'une poignée de jours pour faire ses preuves. Pour "démontrer qu’il peut s’améliorer physiquement et que ça ne pose aucun problème dans le groupe". Comme quoi, le scepticisme entourant son retour est légitime.

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