Pouvaient mieux faire...

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Bleus : vos questions, vos réactions
Par Maxime DUPUIS (Envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-25T13:27:13.000Z, mis à jour 2012-06-26T07:54:28.000Z

D'un point de vue individuel, le bilan de l'équipe de France est aussi décevant que le bilan collectif. Sauf pour quelques têtes. Bilan.

Ils en sortent grandis

Sortie en quart de finale de l'Euro, l'équipe de France aura atteint son objectif collectif premier. Au niveau individuel en revanche, le bilan est bien plus mitigé puisqu'ils sont peu à pouvoir partir en vacances avec la satisfaction du devoir accompli ou tout au moins l'impression d'avoir donné le meilleur d'eux-mêmes. Dans cette liste, on retrouve évidemment Hugo Lloris. Si le capitaine a été trop effacé et d'une utilité limitée, le gardien de but a fait le job. Peu inquiété mais sûr face à l'Angleterre et l'Ukraine, le Lyonnais s'est montré performant face à la Suède et l'Espagne. A l'arrivée, quatre buts encaissés. Mais peut-on les lui reprocher ?

Mis à part face à l'Espagne où il a été aligné milieu droit, Mathieu Debuchy a réalisé un Euro exemplaire sur le côté droit de la défense. Numéro 1 en l'absence de Bacary Sagna, le Lillois a franchi un cap. Son ancien coéquipier du LOSC, Yohan Cabaye a également pris de l'étoffe dans l'entrejeu bleu. Comme l'a dit Laurent Blanc, c'est quand il n'est pas là que cela se voit. Son abattage et son intelligence de jeu ont été indispensables aux Français. Enfin, Alou Diarra, au sortir de deux saisons plus que moyennes, a enfin apporté tout son savoir-faire et son impact au milieu de terrain. La blessure de Yann M'Vila lors de la préparation lui a ouvert une brèche dans laquelle il s'est engouffré avec brio.

Ils ont fait ce qu'ils pouvaient

Pouvaient mieux faire

Une préparation sur les chapeaux de roue, deux premiers matches de feu et un coup de moins bien pour finir, Franck Ribéry a réussi un Euro honorable. Loin de ses performances passées avec l'équipe de France. Le Bavarois s'est remis dans le sens de la marche. En vue de l'avenir, c'est déjà ça. L'avenir, il appartient peut-être à Gaël Clichy, qui a éclipsé Patrice Evra du couloir gauche de la défense. Pourtant performant face à l'Angleterre, l'ancien capitaine des Bleus a laissé la place à son cadet qui a réussi un Euro correct dans l'ensemble mais qui doit absolument franchir un palier défensivement. Aligné à la gauche de Clichy face à l'Espagne, Laurent Koscielny n'aura joué qu'un match durant le tournoi, suite à la suspension de Philippe Mexès. On en retiendra une partie accomplie même si, il est vrai, les Ibères ont joué à leur main. Même constat pour Anthony Réveillère, qui a fait ce qu'il a pu.

Blessé en arrivant, Yann M'Vila n'aura pas joué le rôle qu'il escomptait durant la compétition. Titulaire face à la Suède à un poste qui n'est pas le sien (milieu relayeur droit), le Rennais a peiné et n'a jamais pu retrouver son niveau. On l'a vu contre l'Espagne. Olivier Giroud et Marvin Martin, utilisés des poignées de minutes, n'ont pas grand chose à se reprocher. Notamment le premier nommé qui rêvait de plus de temps de jeu mais a dû se contenter de miettes, dans l'ombre de Benzema. Jérémy Ménez aurait pu réussir un grand Euro. L'Ukraine et son but semblaient l'avoir mis sur les rails. Mais Blanc n'a pas renouvelé l'expérience et remis le Parisien sur le banc, pas complètement rassuré par ses qualités défensives.

Ils ont déçu

Pouvaient mieux faire

Arrivé avec un baluchon rempli d'ambition, Karim Benzema est reparti avec une valise vide de buts et pleine de regrets. Le Madrilène a joué à l'envers durant cet Euro. Trop loin du but car impatient et rarement servi, l'attaquant n'aura pas été le fer de lance espéré par la France entière. Philippe Mexès, lui, est resté à son poste durant la compétition. Mais son année incomplète a pesé sur ses performances. S'il s'est montré plus rassurant en début d'Euro, son manque de leadership et le carton stupide reçu contre la Suède, le privant de quart de finale, ont définitivement assombri un bilan déjà gris foncé. Adil Rami, lui, est passé à côté de bout en bout, mettant régulièrement l'équipe de France en danger sur des relances hasardeuses. Repositionné en milieu relayeur gauche, Florent Malouda n'aura fait illusion que durant la préparation. Face à l'Angleterre et l'Espagne, ses deux titularisations, il n'a pas servi à grand chose. Même constat pour Hatem Ben Arfa, dont les entrées en jeu ou la titularisation face à la Suède auront été stériles.

Ils n'ont pu s'exprimer

Ces quatre-là n'ont rien à se reprocher. Steve Mandanda, Cédric Carrasso, Blaise Matuidi et Mathieu Valbuena ont passé l'Euro les fesses vissées sur le banc. Les deux premiers s'y attendaient. Le troisième en raison d'adducteurs récalcitrants. Le dernier, en revanche, espérait mieux. Toujours performant avec les Bleus lorsque Blanc a fait appel à lui, le Marseillais n'a pas eu voix au chapitre, vaincu par la mode Ben Arfa, qui ressemblait au joker idéal. Mais qui ne l'était pas. A sa sortie des vestiaires, samedi, il a lâché un simple "Je ne préfère me taire, sinon je vais dire des conneries" qui en disait long sur sa frustration.

L'inclassable

Pouvaient mieux faire

Samir Nasri aurait pu être dans les "Ils ont déçu", voire, avec un petit effort, dans les "Ils ont fait ce qu'ils pouvaient". Après tout, l'ancien Marseillais a marqué un but de plus que Karim Benzema et tiré les Bleus d'un mauvais pas face aux Anglais. Mais voilà, son comportement sur et en en dehors du terrain le rendent singulier. Nasri a joué pour lui et oublié qu'il devait avant tout se mettre au service du collectif, répondre aux exigeances en jouant rapidement et vers l'avant. C'est regrettable. Pour lui et l'équipe de France. On notera que pour sa deuxième apparition à l'Euro, Nasri a une nouvelle fois été impliqué dans les mauvais coups.