Sans puissance, le talent n'est rien

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Sans puissance, le talent n'est rien
Par Maxime DUPUIS, à Valenciennes|Ecrit pour TF1|2012-05-28T10:20:35.000Z, mis à jour 2012-05-28T18:09:20.000Z

Face à l'Islande (3-2), les Bleus ont renversé une situation compromise grâce à l'apport (physique) de quelques tauliers, entrés en jeu pour donner de la puissance à une équipe trop déséquilibrée.

L'équipe de France est invaincue depuis dix-neuf rencontres. Série en cours. Dimanche soir, les Bleus ont battu l'Islande 3-2 après avoir été menés 0-2 à la pause. Les optimistes, dont font partie la plupart des joueurs, verront dans ce succès la force de caractère d'un groupe qui n'a pas baissé les bras. Les pessimistes, eux, préféreront appuyer là où ça fait mal. Sur la défense notamment. Les réalistes, eux, auront noté qu’empiler les talents offensifs n'est pas gage de réussite. On imagine que Laurent Blanc le savait. Il a tout de même essayé, poussé par une forme de curiosité doublée d'une préparation différenciée, selon que l'on vienne de L1 ou d'autres championnats. A l'arrivée, cela n'a pas été concluant, sans que Ben Arfa, Nasri, Ménez ou Benzema ne soient cependant les seuls responsables.

Dimanche, lors d'une première période dominée par les Bleus mais terminée avec deux buts de débours, la France s'est montrée stérile, au contraire des Islandais qui ont à la fois profité de certains errements défensifs et d'un manque criant de répondant au milieu de terrain. Cabaye, en sentinelle, et Gourcuff, juste devant lui, n'ont pas existé dans l'impact. Face à des Islandais dont c'est la principale arme, la lacune physique des Bleus a sauté aux yeux. Avoir des artistes, c'est bien. Les associer à des costauds, c'est indispensable.

"On peut vouloir très bien jouer au ballon..."

"On a montré qu'on avait du caractère, a jugé Florent Malouda à la fin de la partie. En seconde période, on a plus varié, on a proposé autre chose. En première période, les Islandais coulissaient et on avait un bloc face à nous. Giroud nous a permis de varier notre jeu. On a mis des centres, joué long et par-dessus sur le but d'Adil." Le milieu de terrain de Chelsea a raison. Et surtout n'oublie pas l'autre composante du retour bleu, celle sans qui rien n'aurait été possible : "Au niveau de l'impact, on n'a pas reculé et accepté le combat. On a repris le match en main. On peut vouloir très bien jouer au ballon, il faut aussi dans être là dans l'impact physique et répondre présent. C'est ce qui permet d'être maître du jeu."

L'entrée d'Alou Diarra en 6, celle de Florent Malouda, toujours dur à bouger, ou encore de Franck Ribéry et d'Olivier Giroud, qui n'est pas le dernier pour aller au combat, ont donné à cette équipe de France le supplément de combattants dont elle avait besoin face aux hommes de Lars Lagerbäck, qui se sont éteints petit à petit. De là à voir dans cette victoire le seul sceau du physique, il n'y a qu'un pas que Malouda ne franchira pas, laissant entendre que les petits gars de la première période n'ont pas le monopole du talent. "Les trois buts marqués en seconde période par les autres joueurs étaient des beaux buts. Je pense simplement qu'on a mal abordé le match. Ce n'est pas un problème de composition. C'est bientôt le début de l'Euro, il faut se mettre dedans. C'est une mentalité de gagnant qu'il faut avoir." De la première à la dernière minute.