Des raisons d'y croire

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France-Estonie EN DIRECT VIDEO
Par De notre envoyé spécial à Donestsk, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-10T06:23:09.000Z, mis à jour 2012-06-10T11:55:23.000Z

Après deux campagnes catastrophiques, l'équipe de France entame l'Euro 2012 avec humilité. Mais les moyens d'y jouer un rôle important.

VINGT-ET-UN MATCHES, CE N'EST PAS RIEN...

Deux défaites pour commencer. Vingt-et-un matches sans défaite pour continuer. L'équipe de France débarque en Ukraine sans avoir perdu la moindre rencontre depuis septembre 2010 (Biélorussie, 0-1). Qu'on le veuille ou non et quoi qu'on en dise, ça commence à signifier quelque chose. Dans l'histoire de l'équipe de France, Aimé Jacquet mis à part (30 matches entre 1994 et 1996), personne n'a connu une telle période d'invincibilité. Enfin, des quinze possibles futurs adversaires des Tricolores, aucun n'est en mesure de présenter un tel bilan comptable. Certes, tout n'a pas été parfait durant ces deux années. Mais lorsqu'on aligne une telle série après avoir visité l'Angleterre, l'Allemagne, et battu le Brésil à domicile, on a, au moins, fait le plein de confiance. Et la tête, autant que les jambes, sont indispensables pour voyager.

RIBÉRY, ENFIN...

On l'attendait. On l'a retrouvé. Franck Ribéry a enfin laissé ses inhibitions et son complexe tricolore derrière lui. "Kaizer Frank" a franchi le Rhin. Incapable de marquer le moindre but depuis plus de trois ans, le numéro 7 des Bleus, à qui rien ne réussissait même lorsqu'il y mettait du sien, ressemble enfin au joueur que l'on voit évoluer tous les week-ends sous le maillot du Bayern Munich. Lors de la préparation, l'ancien Marseillais a marqué trois fois et arrive à l'Euro avec le moral au beau fixe. Pour un joueur qui marche beaucoup à l'instinct et à l'affectif, c'est loin d'être superflu : "Que ce soit Jean-Louis Gasset ou Laurent Blanc, ils ont toujours cru en moi. On a beaucoup parlé, ils se sont déplacés à Munich pour me parler. C'est énorme. A un moment donné, c'était aussi pesant pour eux. Ils m'ont fait confiance et ça se passe bien." On a vu.

DES AMBITIONS ET DES MOYENS

Arrivé en juillet 2010, Laurent Blanc a lancé le chantier de la reconstruction de très bas. Et avec une ambition double, sur la forme et le fond. Durant de longs mois, très long mois, on a pensé que Blanc et sa philosophie "espagnole" n'avaient aucun avenir, que cette équipe était plutôt vouée à contrer et jouer dans le dos de ses adversaires. Ce n'est plus si sûr. La mayonnaise a fini par prendre. Tardivement, il est vrai. Mais elle a du goût. Certes, l'Islande, la Serbie et l'Estonie ne font pas partie du casting du Championnat d'Europe des Nations. Mais force est de constater qu'il s'est passé quelque chose ces dernières semaines. Dans l'entrejeu, Malouda a apporté du muscle et du liant, Cabaye est toujours aussi intelligent dans l'organisation et la gestion. Et devant, la doublette Ribéry - Benzema s'est trouvée.

LA DÉFENSE VAUT MIEUX QUE ÇA

Pour gagner un match de football, il faut marquer un but de plus que son adversaire. Ou en encaisser un de moins. Plus le niveau s'élève, plus la seconde proposition empiète sur la première. Pour faire simple : si l'attaque fait gagner des matches, la défense permet de remporter des titres. Longtemps armée dans ce secteur, l'équipe de France semble avoir perdu ce qui faisait sa force tout au long des éliminatoires (4 buts encaissés). Certes, Abidal et Sagna sont sortis du jeu par la force des choses. D'accord, Philippe Mexès a été victime d'une rupture des ligaments du genou gauche au printemps 2011 et est resté longtemps loin d'Adil Rami. Mais durant les qualif', l'arrière-garde avait été régulièrement remaniée sans qu'elle ne prenne l'eau. Faut-il être inquiet ? Laurent Blanc ne l'est pas. Et, comme souvent, prend de la hauteur ainsi que le recul nécessaire. Les difficultés entrevues contre l'Islande et l'Estonie étaient conjoncturelles, juge-t-il, nullement inquiet par la forme apparemment précaire de Philippe Mexès. On a envie de le croire.