La récupération au centre du jeu

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La récupération au centre du jeu
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Donetsk|Ecrit pour TF1|2012-06-08T13:46:26.000Z, mis à jour 2012-06-09T08:04:17.000Z

Saisons éreintantes, températures élevées : pour vivre un été radieux, les Tricolores et le staff médical ont mis l'accent sur la récupération sans laquelle rien ne sera possible.

L'Euro 2012, ça fait déjà quelques semaines que les joueurs le préparent. Le staff de l'équipe de France ? Bien plus longtemps que ça. Demandez donc au docteur Fabrice Bryand, qui travaille auprès de Laurent Blanc depuis sa prise de fonction en juillet 2010. Des menus - déjà calés et ceci jusqu'au 1er juillet - à la bonne forme des joueurs, rien n'a été laissé au hasard. Notamment tout ce qui concerne la récupération physique, qui est le grand enjeu d'une compétition que les Bleus débuteront lundi face à l'Angleterre.

"Certains ont joué plus de 60 matches cette saison, a concédé Fabrice Bryand ce matin. On a donc travaillé en amont avec Philippe Lambert (préparateur physique des Bleus). Il y a eu un travail de suivi biologique depuis deux ans, cardiologique également." Tout a été pris en compte, notamment la situation géographique de cet Euro. Durant ce mois de juin, les Français évolueront le plus souvent en Ukraine, où il fera très chaud. Un peu comme au Mexique où Henri Emile, coordinateur sportif des Bleus, était avec la bande à Michel Platini en 1986 à l'occasion du Mondial. Une différence tout de même : en 2012, impossible d'atteindre son pic de forme au cours de la compétition. "A l'époque, on avait eu une préparation qui était allée crescendo, on pouvait calculer par rapport à vos adversaires, se souvient Henri Emile. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. On a besoin d'être au top de suite."

Passage dans le caisson obligé

A l'heure où les Français vont jouer face à l'Angleterre et l'Ukraine (19 h locale), on s'attend à ce que le mercure s'élève au-delà des 30 degrés. Rien à voir avec la "canicule zurichoise" de 2008... Pour faire face à cet écueil, les Tricolores ont travaillé sur le froid depuis Clairefontaine. "On a réalisé un travail sur le froid et de cryothérapie. A Donetsk, on a réussi, à la demande de Laurent Blanc, à avoir un caisson à disposition dans le centre de Kirsha." Caisson dans lequel passent les joueurs après le diner. Entre 22h30 et 23h, les Bleus passent trois minutes à - 160 degrés, ce qui a pour conséquence de faciliter le sommeil, qui fait partie de ce que Fabrice Bryand qualifie de "préparation invisible".

Les joueurs portent régulièrement des "cryovestes", 400 grammes à vide, 1,9 kilogrammes quand elles sont remplies de packs de glace. Avant les entraînements, avant les matches, ainsi qu'à la mi-temps, elles servent à faire baisser la température des corps et, une nouvelle fois, favoriser la sacro-sainte récupération. Suffisant pour voyager et survivre aux joutes de l'Euro ? Le terrain apportera la réponse. Le vrai. Sans cryoveste ni caisson.