La revanche de Silva

Voir le site Euro 2012 de football

La revanche de Silva
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2012-06-17T21:18:57.000Z, mis à jour 2012-06-18T20:19:42.000Z

Cantonné au banc en Afrique du Sud, David Silva est désormais le facteur x du secteur offensif espagnol. Son match face à l'Eire en témoigne.

En Espagne, il y a les patrons de la défense (Pique, Ramos, Casillas) et les tauliers du milieu (Xavi, Iniesta). Une foule de champions du monde, une génération qui a tout raflé. Certains, même s'ils ont gagné quelques lignes sur le palmarès et non des moindres, n'ont pas la même part dans le sacre de 2010 et sont restés sur le bord de la route. David Silva est de ceux-ci. En 2010, il n'avait passé que 67 minutes sur le terrain en Afrique du Sud. Les 62 premières minutes du Mondial espagnol face à la Suisse (0-1) puis les cinq dernières de la demi-finale face à l'Allemagne (1-0).

La revanche de Silva

Une prestation fade face aux Helvètes l'avait envoyé sur le banc suivre de loin le sacre espagnol. Ses relations avec Vicente Del Bosque ont longtemps été glaciales. "L'entraîneur ne compte pas sur moi, ça je le sens. La confiance que j'avais avec le sélectionneur précédent, à Valence ou aujourd'hui à Manchester, je ne la ressens pas avec la Roja", affirmait-il encore en 2011. David Silva s'est longtemps considéré comme "la seule victime" de la défaite face à la Suisse et a eu un mal fou à digérer ce Mondial très fade à titre personnelle.

Del Bosque : Le "Messi de la Roja"

Depuis, "El Chino" (le Chinois) a fait beaucoup de chemin en sélection après s'être imposé à City au beau milieu d’un effectif XXL. Un chiffre donne toute la mesure du poids du milieu des Citizens au sein de la Roja : 10. C'est son nombre de buts en sélection depuis la dernière Coupe du monde. Personne n'a fait mieux parmi les hommes de Del Bosque. Sa rencontre face à l'Eire (4-0) a mis en lumière son influence parmi les étoiles espagnoles : un but, deux passes décisives pour Torres et le trophée de meilleur joueur du match. Une prestation unique dans cet Euro puisqu'aucun autre joueur n'a été directement impliqué sur trois réalisations de sa sélection.

Depuis l'Euro, il est à l'origine ou à la conclusion de quatre des cinq buts espagnols puisque c'est encore sur l'une de ses offrandes que Fabregas a permis à la Roja de revenir au score face à l'Italie (1-1). Del Bosque n'a pas hésité à tresser les louanges de son milieu, devenu le facteur x du secteur offensif des champions du monde, affirmant que Silva était devenu le "Messi de la Roja", loin, très loin de son costume de remplaçant il y a deux ans : "C’est un joueur très important pour nous", a affirmé le sélectionneur. "Peut-être n'a-t-il pas eu toute la place qu'il pouvait espérer sur ce Mondial, mais nous comptons énormément sur lui pour cette compétition".

Les temps ont définitivement changé. Son sens aigu du collectif et sa vision du jeu en font un pion essentiel. "Que ce soit attaquant ou milieu, cela m'est égal", a réagi Silva celui que Del Bosque trimballe à tous les postes offensifs de l'Espagne. Monstrueux à City cette saison, Silva s'est imposé de lui-même dans le onze et s'est rendu essentiel à la sélection. Il est prêt désormais à endosser le costume de taulier et prendre en main le destin de la Roja.

La revanche de Silva