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Ribéry: "Ce n'est pas moi, mais je n'ai pas le choix"

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Ribéry: 'Ce n'est pas moi, mais je n'ai pas le choix'
Par Philippe DA COSTA|Ecrit pour TF1|2012-04-03T16:12:04.000Z, mis à jour 2012-04-03T16:12:04.000Z

A deux semaines d'Allemagne-France, Frank Ribéry s'est longuement livré à l'Equipe Magazine. Le joueur du Bayern Munich explique comment sa difficile année 2010 l'a changé, surtout hors du terrain. Un Ribéry qui se dit plus posé et qui veut séduire à nouveau. Quitte à renier sa vraie personnalité.

"Avant, je voulais qu'on m’aime. Je ne calculais rien, je ne contrôlais rien. Maintenant, je sais que je ne peux plus être comme ça." Frank Ribéry n'est plus ce fougueux ailier qui était devenu le chouchou des Français lors de la Coupe du monde 2006. C'est encore moins ce joueur maladroit qui débarquait en tongs sur le plateau de Téléfoot avec de piètres excuses en Afrique du Sud ou celui qui butait à chaque mot d'un communiqué trop bien écrit pour lui. A 28 ans, en pleine rédemption aussi bien en club qu'en sélection, le joueur du Bayern Munich explique ce qu'il est devenu aujourd'hui: "un joueur différent" et surtout un homme moins "naïf" et moins "spontané".

Ribéry: 'Ce n'est pas moi, mais je n'ai pas le choix'

La raison de ce changement? 2010 évidemment. Sans trop s'attarder sur "l'affaire" (Zahia, ndlr) comme il la nomme, Ribéry explique qu'il avait complètement perdu pied cette année-là. "Je ne pouvais plus sortir la tête de l'eau, je ne savais plus comment m'en sortir. J'étais devenu très connu alors à la moindre erreur, tout le monde était au courant et je payais cash. C'est ça le plus dur: ne plus avoir le droit à l'erreur", dit le joueur qui évoque un acharnement pour ne pas "parler du reste", de "ce qui allait mal dans le pays". "J'ai senti qu'on avait envie d'être méchant avec moi, de m'enfoncer pour le plaisir. Je ne suis pas un saint mais je ne suis ni un tordu ni un abruti."

"Maintenant, je fais le dos rond"

Balayant une fois de plus les histoires de clans ou de problème avec Gourcuff en équipe de France ("Je jure qu'il n'y a pas eu de clans en fonction des origines ou de la religion"), Frank Ribéry reconnait qu'il comptait sur la Coupe du monde 2010 pour reconquérir le coeur des supporteurs mais qu'il a été "nul" et que les gens "peuvent (lui) en vouloir" pour ça. "Je me disais, si tu joues bien, si tu réussis un grand Mondial, tu seras sauvé, les gens t'aimeront à nouveau. Et j'ai foiré... Mais les conneries qu'on a faites et notre mauvais parcours, ça m'a tué. Moi plus que quiconque, j'avais intérêt à ce qu'on réussisse..."

Depuis, le joueur du Bayern remonte la pente mais avec une philosophie différente. Et une carapace. "C'est vrai que j'ai changé. Je suis moins naïf, moins spontané. Je me méfie plus des autres, mais ça n'est pas naturel, explique-t-il. Au fond, ce n'est pas moi mais je n'ai pas le choix. Avant je faisais tout à l'instinct, je donnais ma confiance d'abord et je voyais ensuite." Ribéry contrôle ses sorties en public. "Je fais attention à ce que je mange, à ce que je dis. Je ne peux jamais me relâcher. Si je sors, je vais être stressé." Et ne s'offusque plus des critiques. "Je fais le dos rond. J'ai grandi, ça me fait moins mal. Avant la moindre critique me touchait. Maintenant, ça me passe au-dessus."

Ribéry évoque également les Bleus et cet Allemagne-France (29 février) autour duquel il sent "qu'il se passe un truc". Pour lui. Il aimerait que "tout redevienne comme avant" et reconnait devoir calmer le tempo pour jouer aussi bien en sélection qu'au Bayern. "Je voulais trop bien faire, tout effacer. J'ai voulu aller trop vite et tout casser de suite. J'aurais dû être plus patient. Dès que je ratais un truc, je me mettais la tête à l'envers. En fait, c'est là, dans la tête, que ça n'allait pas." Ribéry avoue également qu'il ne brigue plus le capitanat des Bleus. "C'est fini. Je veux juste qu'on me laisse tranquille et jouer des bons matches." Oui, Ribéry a bien changé.