La Roja n'a pas coincé

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A 71 minutes près, ça marchait
Par De notre envoyé spécial à Kiev, Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2012-06-30T18:58:58.000Z, mis à jour 2012-07-01T17:06:45.000Z

Encore jeune, propulsée par des joueurs qui se connaissent par cœur et une philosophie commune, l'Espagne est aux portes de la légende.

Jusqu'ici, l'Espagne et la République Fédérale d'Allemagne sont à égalité. A ceci près que la Roja a une balle de match entre les pieds. Dimanche à Kiev, les hommes de Vicente del Bosque deviendront peut-être les premiers footballeurs de l'histoire à décrocher trois titres majeurs de suite. Un Euro en 2008, une Coupe du monde en 2010 et un autre Euro en 2012. Ce serait évidemment l'exploit du siècle et ça mettrait cette génération incroyable tout en haut de l'échelle des valeurs. La RFA, elle, avait buté sur le dernier obstacle à une époque où, il faut bien l'avouer, l'Euro n'avait ni l'allure, ni le goût et encore moins la difficulté de l'épreuve que l'Espagne va tenter de gagner pour la troisième fois de son histoire.

Il y a dix ans exactement, la France était en lice pour réaliser ce triplé magique. On se souvient de l'épilogue. Des maillots publicitaires floqués d'une deuxième étoile avant même que la compétition commence, un Pires perdu sur blessure, un Zidane privé d'entame de tournoi et l'édifice a fini par se casser la binette. Les Bleus allaient eux chercher une deuxième Coupe du monde. On vous laissera juge quant à la difficulté supérieure ou inférieure à la tâche dévolue aux Espagnols.

L'Espagne n'est pas vieille, la France de 2002 l'était

A cette époque, Roger Lemerre faisait toujours (aveuglement) confiance à ses cadres. Un peu moins que Vicente del Bosque, qui a emmené 19 des 23 champions du monde sud-africains avec lui (ndlr : ils auraient même pu être 21 si Villa et Puyol avaient été sur pieds). Mais à la différence des Tricolores, les Espagnols sont encore dans la force de l'âge. Avec un peu moins de 27 ans de moyenne d'âge, la Roja fait partie des plus jeunes sélections engagées à l'Euro, à peine plus vieille que les Bleus de Laurent Blanc. L'équipe de France de 2002 était bien plus "expérimentée" : 28,2 ans en moyenne.

A la différence des Bleus de 2002 également, l'Espagne présente une équipe dont la philosophie collective dépasse de très loin les enjeux individuels. Depuis 2008, ça n'a pas changé. Tout le monde joue le jeu et, dans le sillon du FC Barcelone et du Real Madrid, pourvoyeurs principaux de la Roja, continue à performer. Les Blaugrana et les Merengue se connaissent par cœur et ont donné à cette équipe d'Espagne une base en acier. Des sept Barcelonais présents dans les vingt-trois, six étaient déjà au club il y a deux ans. Pareil pour les cinq Madrilènes. Seul Cesc Fabregas a changé de crèmerie dans l'intervalle. Sécurisés en club, plus que rompus aux joutes du haut niveau, ils le restent en équipe nationale où le jeu est également rôdé et s'inspire sérieusement de l'idéal catalan. Le résultat ? Les portes de la légende.