Ronaldo rate le grand soir

Voir le site Euro 2012 de football

Ronaldo rate le grand soir
Par Alexandre COIQUIL (avec AFP)|Ecrit pour TF1|2012-06-27T23:50:46.000Z, mis à jour 2012-06-28T11:51:53.000Z

L'analyse individuelle d'Espagne-Portugal fait ressortir la grande prestation des défenseurs et le manque d'impact des attaquants portugais.

Trois hommes ont symbolisé le manque évident d'efficacité du Portugal dans la zone de vérité : Cristiano Ronaldo, Hugo Almeida et Nani, le trio d'attaque titularisé au coup d'envoi. Pour preuve, le Portugal n'a cadré aucun tir sur les onze tentés en 120 minutes de jeu. C'est accablant. Cristiano Ronaldo, co-meilleur buteur de la compétition avec 3 buts, et qui montait en puissance au fil de la compétition, n'a pu se signaler que par ses provocations balle au pied (6 fautes subies par le joueur du Real Madrid sur les 19 sifflées en faveur du Portugal). Placé en électron libre, plus qu'en ailier gauche, CR7, aura tout raté face à l'Espagne (7 tirs dont 1 dans la surface), notamment un contre, à 4 contre 2 à la 90e minute, conclu par un tir du gauche dans les nuages.

"Je n'ai pas vraiment eu d'opportunité de marquer ce soir (mercredi). J'essaie toujours de faire de mon mieux, s'est-il défendu. On était bien dans le tournoi mais on ne gagne pas par manque de chance". Face à la Roja, seule sa faculté à provoquer des coups de pieds arrêtés - tous envoyés dans les tribunes de la Donbass Arena - aura réellement été utile à son équipe. Ses deux compères du front de l'attaque n'ont guère fait mieux : Nani, certainement l'homme le plus dangereux en première période, s'est peu à peu éteint sur son aile droite et la pâle prestation d'Hugo Almeida, qui remplaçait Postiga blessé à la cuisse, va encore relancer le débat sur l'attaquant de pointe qui manque depuis toujours à la Selecçao. Si ce n'est pas un problème d'homme, ce malaise est peut être dû à un problème de tactique. Le dernier attaquant portugais à avoir brillé lors d'une compétition international reste Nuno Gomes lors de l'Euro 2000.

Un Xavi éteint, Iniesta brille

Si les joueurs de la Selecao ont emmené leur rival ibère aux penaltys, c'est aussi grâce à la très bonne partition défensive de Pepe et Coentrao, les deux joueurs du Real Madrid (l'équipe qui comptait le plus de représentants sur le terrain au coup d'envoi avec sept éléments, contre quatre au FC Barcelone ). Si le premier nommé s'est montré intraitable dans les duels, Coentrao a avalé son couloir gauche mettant Arbeloa et Silva en constante difficulté. Mais le secteur défensif espagnol a également brillé : Piqué et Ramos, au niveau de jeu inégal jusqu'ici, ont su tenir la baraque et mettre le pied au bon moment. "Il y a eu peu d'occasions de but de part et d'autre. Cet équilibre s'est ensuite, je pense, un peu rompu à notre profit en prolongation, a soufflé Vicente Del Bosque en conférence de presse. Nous avons réalisé un très bon match en défense. Nous ne prétendons pas être une équipe défensive, vu les caractéristiques de nos joueurs. Mais c'est toujours bon de pouvoir s'appuyer sur un bon socle défensif". L'Espagne n'a toujours pas encaissé de but en phase finale d'une compétition internationale depuis la Coupe du monde 2006 et le huitième de finale perdu face à la France. Seuls les Etats-Unis, lors de la Coupe des Confédérations 2009, ont réussi à les faire plier (0-2).

Une fois n'est pas coutume, deux cadres de la furia Roja auront baissé de pied au plus mauvais moment : Xavi et David Silva. Déjà peu présent face à la France, l'ailier de Manchester City est à nouveau passé à travers de son match à Donetsk. Manquant d'idées dans ses actions offensives, cherchant systématiquement la passe en profondeur, le joueur des Canaries a versé dans un jeu un peu trop prévisible et son apport défensif s'est révélé très faible. La disparition de Xavi est encore plus inquiétante encore, avant la finale de Kiev. Arrivé fatigué à cet Euro, le meneur de jeu espagnol a joué un poil trop bas et n'a pas su organiser le jeu comme à son habitude. Le replacement d'Iniesta - auteur de l'occasion la plus dangereuse à la 104e minute - en tant que "dix" après l'heure de jeu a permis à l'Espagne de reprendre le contrôle global du match et surtout cette possession de balle qui lui est si chère.