Ronaldo se console comme il peut

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Ronaldo se console comme il peut
Par A.C avec AFP|Ecrit pour TF1|2012-06-13T20:04:13.000Z, mis à jour 2012-06-14T19:24:38.000Z

Malgré la victoire étriquée du Portugal face au Danemark (2-3), Cristiano Ronaldo n'a toujours pas été décisif avec sa sélection. Le but de Varela l'a même certainement sauvé de quelques maux de tête.

Cristiano Ronaldo patauge. Malgré la victoire de la sélection portugaise, dont il est le capitaine incontesté et protégé, le joueur du Real Madrid est apparu par intermittence, mercredi soir à Lviv, dans un match mal maîtrisé par les Lusitaniens. La grande star de cet Euro n'est pas décisive malgré la victoire - à l'arraché - sur le Danemark (2-3). Avec ce nouveau match inégal et parfois frustrant, Cristiano Ronaldo n'arrive plus à être décisif avec son équipe nationale avec qui il reste sur une série de six matches sans marquer. Sa dernière réalisation remonte au 15 novembre 2011 lors du barrage retour face à la Bosnie, où il avait même marqué un doublé (victoire 6-2 du Portugal). Constamment agacé, grimaçant même, face au Danemark - dès la 1re minute après une mauvaise ouverture de Pepe dans la surface danoise - le joueur du Real Madrid rappelle que ses statistiques lors des grands rendez-vous internationaux ne sont pas à la hauteur de son rendement en club (5 buts pour 5 passes décisives en 20 matches). A l'Euro, CR7 n'a même marqué que 3 buts (pour 5 passes décisives) en trois participations. Son meilleur Euro, pour le moment, reste le premier, en 2004 où il avait atteint la finale.

A l'Arena de Lviv, on aura surtout vu l'homme aux 60 buts en club cette saison se montrer réellement dangereux après l'heure de jeu où la sélection portugaise s'est employée à aggraver le score. Dans ce temps fort, CR7 aura manqué l'immanquable avec son tir du pied droit, à la 77e, après un duel en tête-à-tête avec Stephan Andersen, quasi-miraculé sur le coup. Ce raté aura été une des rares occasions de voir Ronaldo repiquer vers l'axe, lui pourtant habitué à sillonner tout le front de l'attaque avec son club tel un électron libre. Le fait de rester sur son aile gauche, tout au long du match, a neutralisé son rendement : seulement trois fautes subies (sur 18) par Ronaldo face aux Danois (contre une seule face à l'Allemagne). En quatre-vingt dix minutes, son ratio de tirs (7 dont 4 cadrés) n'a pas atteint la moitié de celui de son équipe (17). Ronaldo a aussi été quelconque sur les coups de pied arrêtés. Hormis un arrêt d'Andersen à la 82e, les tentatives du Ballon d'Or 2008, auront toutes été caduques.

Paulo Bento : "Il a fait deux très bons matches"

Mais le bilan individuel n'est pas totalement négatif. Face au Danemark, on aura au moins observé un CR7 pas forcément obstiné à faire absolument la différence individuellement. Tout le paradoxe est là. Le capitaine de la sélection lusitanienne aura été un des seuls à pouvoir trouver et combiner avec le contesté Helder Postiga, le seul attaquant de pointe (qui aura marqué après son premier tir de la compétition). Un Ronaldo plus besogneux, donc, qui trouve évidemment grâce aux yeux de ses coéquipiers. " Il a beaucoup de responsabilités par rapport à nous et au Portugal. Aujourd'hui, il n'a pas pu marquer mais il l'a fait en d'autres occasions. Il a aidé l'équipe et a montré son professionnalisme", soufflait Pepe à l'issue de la partie, certainement conscient que son capitaine suscitait l'attention dans le camp adverse. Le Danemark, grâce à Rommedahl, Jacobsen et Kvist, s'est en tous cas bien employé à éteindre l'incendie, surtout en deuxième période, en optant pour un marquage individuel. L'Allemagne avait également joué la prudence lors du premier match de poules et ce fut fructueux.

Quand on a demandé à Paulo Bento si Ronaldo souffrait d'une trop grande pression, le sélectionneur a botté en touche et a joué la carte de l'optimisme. "La pression ? Ce n'est pas mon impression. Il a la même pression que les autres joueurs, qui veulent contribuer à la victoire. De notre point de vue il a fait deux très bons matches, et je suis certain qu'il n'y a pas un seul joueur de notre équipe qui soit insatisfait. Mais je n'aime pas parler des individualités après un match, j'analyse toujours l'équipe dans son ensemble". Dimanche, face aux Pays-Bas, le natif de Madère devra donc faire taire les on-dit et mettre fin à une à une statistique qu'il fuyait depuis février 2011 : ne pas marquer lors de ses trois derniers matches club et sélection confondues (quatre à l'époque). Varela avec son but tardif (88e) mais victorieux face au Danemark a donc remis à plus tard le courroux qui pourrait s'abattre sur le joueur du Real en cas d'élimination prématurée. Qu'on se le dise, l'insulaire est un guide pour une sélection qui devra bientôt gérer un probable vide générationnel.

La pression, le public danois a tenté de la lui coller en lui adressant un Ironique : "Messi, Messi" tout au long de la rencontre. "Vous savez ce qu'il faisait l'an dernier à la même époque ? Il était à la Copa America et s'est fait éliminer en quart", a lancé Ronaldo, à la lutte avec le Barcelonais pour le Ballon d'Or 2012. "Tout le monde a le droit de rater des occasions, moi aussi. J'aurais aimé marquer, vous me connaissez, mais j'ai donné mon maximum. Les buts vont arriver. L'équipe a gagné, c'est tout ce qui m'importe. Si je ne marque pas dans cet Euro et que l'équipe le gagne, je signe tout de suite".