La Suède en travers de la gorge

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La Suède en travers de la gorge
Par Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-24T13:42:14.000Z, mis à jour 2012-06-25T08:48:44.000Z

Pour Laurent Blanc, les Bleus n'ont pas seulement perdu leur quart de finale à Donetsk. Mais aussi à Kiev, mardi contre la Suède.

Depuis mardi soir, il y a quelque chose qui ne passe pas. Comme une lourdeur sur l'estomac de Laurent Blanc, qui a pris la mesure de la défaite concédée face à la Suède à Kiev (0-2) après l'élimination des Bleus face à l'Espagne. Sur la pente ascendante après avoir dominé l'Angleterre (1-1) et battu l'Ukraine (2-0), les Tricolores se sont crashés au stade olympique face à Zlatan Ibrahimovic et ses coéquipiers, éliminés, certes, mais affamés. Cette défaite, aussi logique sur le terrain qu'inattendue sur le papier, a eu plus de conséquences que les joueurs ont bien voulu l'admettre depuis.

Au-delà même de l'explication de texte qui s'est déroulée dans les vestiaires de l'équipe de France et qui a ralenti fortement les Bleus dans leur phase de préparation, Laurent Blanc a reconnu que le revers suédois avait cassé quelque chose sur le terrain. Equipe sans réel vécu international, mis à part Florent Malouda et Alou Diarra déjà habitués à jouer des matches à élimination directe, la France n'avait en aucun cas le droit de se relâcher en pleine compétition et de s'asseoir sur ce qui ressemblait à un tout petit bouquet de lauriers. "On ne l'a pas en travers de la gorge, mais ce match de la Suède nous a été vraiment préjudiciable. Ça a cassé une certaine forme de dynamique. On aurait pu faire à l'inverse un nul ou une victoire, et on aurait été dans une autre spirale", regrette Blanc.

L'Italie et un jour de plus

Comme on ne se remet pas facilement d'un début de match indolent, on ne se relève pas toujours d'une telle défaite où apparaissent des signes avant-coureurs de suffisance et de manque de grinta. Au niveau collectif. Et évidemment individuel puisque les certitudes de la veille deviennent les interrogations du lendemain. "Collectivement, il a manqué quelque chose à cette équipe. Au niveau de la qualité technique, mais surtout au niveau mental, estime Arsène Wenger sur TF1. Il aurait fallu qu'on gagne nos trois matches. On aurait vu une autre équipe de France face à l'Espagne. Le match contre la Suède a recréé le doute. Et ce doute a permis à l'Espagne de jouer à son rythme. Les traces laissées par cette défaite contre la Suède étaient beaucoup plus profondes qu'on ne pouvait le penser. Il fallait plus de conviction, plus de confiance pour sortir l'Espagne de son rythme, de sa maîtrise. C'est ce qu'il nous a manqué."

"On avait l'occasion d'asseoir un petit peu ce groupe dans une spirale très positive, qui nous aurait aussi permis d'affronter un autre adversaire, confirme Laurent Blanc. Je ne dis pas que cela aurait été plus facile mais cette défaite a cassé notre dynamique." Cet autre adversaire aurait été l'Italie. La mission n'aurait pas été plus évidente pour les Bleus, à ceci près que leur évolution tactique et leur adaptation au problème posé par les Transalpins eurent été quelque peu minorées. L'Espagne n'était sans doute pas prenable à son propre jeu, l'Italie si. C'est une évidence qu'il est bon de rappeler alors qu'une victoire face à la Suède aurait offert la première place du groupe D et (r)envoyé les Bleus à Kiev, dimanche. Cela aurait aussi permis à cette petite troupe de gagner un jour de récupération. Définitivement tout à gagner.