"Toujours fidèle à notre style"

Voir le site Euro 2012 de football

'Toujours fidèle à notre style'
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Kiev|Ecrit pour TF1|2012-07-01T23:11:38.000Z, mis à jour 2012-07-02T14:55:03.000Z

Le nouveau sacre européen de l'Espagne est celui d'une équipe fidèle à elle-même, intelligente, qui sait où elle va et ne revendique rien.

L'Espagne n'est pas entrée dans l'histoire, dimanche à Kiev. Elle y était déjà. Ce sont les portes de la légende qu'elle s'est ouverte en écrasant l'Italie (4-0). Tout ça avec le sourire. Mais sans en rajouter. Critiquée durant tout le tournoi, la Roja, récemment renommée "Boring Spain" par des amoureux déçus, a renversé la vapeur et fait taire sceptiques et ronchons au terme d'une finale remportée dans les grandes largeurs et par un écart inédit dans l'histoire des tournois majeurs (Coupe du monde et Euro réunis). Une manière de mettre tout le monde d'accord. Sans rien revendiquer.

Si les joueurs ont grandement profité de ce nouveau triomphe sur la pelouse du stade olympique de Kiev, Vicente del Bosque a été égal à lui-même en conférence de presse. Une grande satisfaction interne, très certainement. Mais toujours pas de sourire sous la moustache blanche. "Ce match a été excellent de la part des joueurs qui ont contrôlé le match. C'est un succès historique pour l'Espagne. Nous avons une grande génération de footballeurs qui ont des racines et savent comment jouer. Ils viennent d'endroits où l'on apprend à jouer au football", a expliqué celui qui est désormais au niveau international l'égal d'Helmut Schön, seul autre sélectionneur vainqueur de l'Euro et de la Coupe du monde (1972 et 1974). Après Luis Aragones, Vicente del Bosque écrit l'histoire du football et participe à son l'évolution. Sans qu'il n'ait envie d'en endosser la responsabilité.

"Mes joueurs sont intelligents"

"Je ne pense pas qu'il y ait un seul football", se justifie le sélectionneur de l'équipe d'Espagne, qui se réjouit d'autre chose. Un plaisir plus simple mais qui est à la base de ces quatre fantastiques années : "Mes joueurs sont intelligents". Et Andres Iniesta n'est pas le plus bête d'entre eux. Celui qui a été élu meilleur joueur de la finale 2012 rayonne sur le terrain mais son bonheur est simple lui aussi. C'est celui d'un gamin qui a grandi des rêves pleins la tête et qui n'étaient pas aussi beaux que celui qu'il vit éveillé : "Depuis tout petit, j'ai un ballon entre les pieds. Je n'aurais jamais imaginé être là un 1er juillet et gagner mon deuxième Euro. Et réussir tout cela."

A l'image de son sélectionneur, Andres Iniesta n'est pas là pour convaincre qui que ce soit. Juste jouer, prendre du plaisir. Et gagner, même si l'Espagne savait déjà que son pari était réussi avant même cette finale qui a réconcilié les boudeurs avec la machine rouge. "On n'est pas là pour dire que notre jeu est le plus beau. Tout le monde a une opinion. Nous, on a toujours été fidèle à notre style de jeu. Dans cette équipe, peu importe qui marque les buts, qui est le meilleur joueur du tournoi. Je veux juste prendre du plaisir et j'adore ce que je fais." On a coutume de dire que l'on joue comme on s'entraîne. On joue aussi comme on est.