Toujours du mal à se faire aimer

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L'image reste écornée
Par Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-24T20:46:40.000Z, mis à jour 2012-06-25T22:33:32.000Z

Deux ans après Knysna et malgré les souhaits émis et les engagements pris, l'équipe de France n'a pas vraiment changé à côté du rectangle vert.

A l'heure de refermer le livre de l'aventure des Bleus à l'Euro 2012, il est évidemment question de faire le bilan sportif de l'histoire qui a démarré le 14 mai à Clairefontaine. Celui-ci, mitigé, s'est terminé en quart de finale. Ce qui était l'objectif premier d'une équipe en reconstruction. Dommage que sur les quatre rencontres disputées en Ukraine, une seule ait été gagnée. Et ceci face à l'adversaire le plus "prenable". Durant deux semaines, les Bleus n'ont pas ébloui. Le bilan ne peut cependant s'arrêter aux seuls éléments sportifs. Deux ans après la grève de Knysna, la mission dévolue aux 23 Bleus dépassait le cadre du terrain. Là aussi, on restera mesuré.

Samir Nasri symbolise ce loupé. Il l'incarne même. En insultant gratuitement la tribune de presse après son but face à l'Angleterre et en recommençant samedi soir en répondant de manière disproportionnée à un journaliste qui l'avait pris à partie, le milieu de terrain de Manchester City a gâché les efforts entrepris depuis deux ans par Laurent Blanc et la Fédération française de football. "Pour son image, c'est très mauvais. Mais pour l'équipe aussi", a réagi le sélectionneur national dans Téléfoot qui lui avait pourtant fait quelques recommandations. "Apparemment, le message n'est pas bien passé", a-t-il conclu. Sur RMC, Noël Le Graët a reconnu que c'était "intolérable".

Nasri n'est cependant pas le seul responsable. L'effort collectif a été bien plus abouti que sur le terrain et les tâches mieux reparties. Evidemment, il n'est pas question de comparer l'incomparable. Dans l'échelle ouverte de Richter des débordements incontrôlés, Knysna n'a pas d'équivalent. La performance des Bleus restera longtemps inégalée. On l'espère en tout cas. Niveau repli sur soi, difficile de faire mieux. La population de la petite cité balnéaire sud-africaine et les quelques Français qui y résidaient avaient mal vécu le comportement des Bleus. Et ceci bien avant l'épisode du car.

Chassez le naturel...

En Ukraine, le seul car dont les Bleus ne sont pas descendus avait été frappé par une violent orage, le lendemain de leur arrivée à Kirsha. Ces circonstances atténuantes, difficile de les trouver le reste du temps alors que l'équipe de France est restée loin du monde. De ses supporters. Une photo au milieu d'un terrain avec une mariée à Valenciennes, une banderole marketée au Mans et une sortie surprise dans les rues de Donetsk ne suffisant pas à rapprocher les Bleus des gens. Chassez le naturel, il revient au galop : après la défaite face à la Suède, aucun regard ni geste pour les supporters venus les encourager à Kiev. Laurent Blanc l'a volontiers regretté.

Sur le terrain médiatique, les Tricolores ont également délivré le service minimum, réduisant leurs apparitions publiques à la portion congrue. Mis à part le sélectionneur national, Hugo Lloris, Karim Benzema, Florent Malouda et une poignée d'autres qui ont assumé et fait le job, certains hommes, tels qu'Adil Rami ou Jérémy Ménez, ont constamment refusé de parler durant la compétition. Et personne n'a jamais été capable de leur intimer quoi que ce soit. Etre international et représenter son pays oblige pourtant à certains devoirs. Sauf en équipe de France, semble-t-il.

Malgré les efforts de Laurent Blanc et le départ de quelques "Sud-Africains", la donne n'a pas réellement changé. Elle est juste moins spectaculaire car accompagnée par de meilleurs résultats. Les comportements individuels, tel celui d'Hatem Ben Arfa dans le vestiaire de Kiev ou encore celui de Yann M'Vila, snobant le sélectionneur à sa sortie de terrain samedi, auront une nouvelle fois traduit le sentiment ressenti sur le terrain : des individus, aussi talentueux soient-ils, ne font pas une équipe. L'équipe de France avait besoin de soldats. Pas d'une armée de francs-tireurs.