Et une autre affaire Nasri pour finir...

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Et une autre affaire Nasri pour finir...
Par William-Alexandre PROUST avec Maxime DUPUIS (envoyé spécial à Donetsk)|Ecrit pour TF1|2012-06-23T22:22:31.000Z, mis à jour 2012-06-24T18:57:22.000Z

L'après France - Espagne a été marqué par une altercation grossière entre un journaliste et Samir Nasri.

Après le "va te faire enc... sale fils de p..." de Nicolas Anelka en 2010, voici le "va te faire enc... fils de p..." de Samir Nasri. Deux ans ont passé, un mot s'est perdu en route. Et si le joueur du Shanghai Senshua avait eu la pudeur de lâcher ses insultes dans l'intimité d'un vestiaire, le Citizen ne s'est quant à lui pas gêné pour se défouler devant les journalistes. En même temps, puisque tout finit par filtrer dans la presse, autant brûler les étapes...

L'histoire est la suivante : dans la foulée de l'élimination des Bleus face à l'Espagne en quarts de finale de l'Euro 2012, samedi soir, les Tricolores défilent comme d'habitude en zone mixte, le lieu où les joueurs peuvent échanger avec les médias. L'ancien Marseillais passe une première fois sans piper mot. Pour une raison inconnue, il revient quelques instants plus tard. Un reporter de l'Agence France Presse (AFP) lui demande s'il a "un mot" pour expliquer la défaite des Bleus. La réponse est cinglante. "Non, de toute façon, vous cherchez toujours la m..., vous écrivez de la m...", réplique Samir Nasri. Piqué au vif, le journaliste a une réaction malheureuse : "Alors casse-toi". Nasri enchaîne : "Viens, on va régler ça là-bas." Le journaliste : "C'est ça..." Le milieu de terrain tricolore sort alors définitivement de ses gonds et se lâche. "Va te faire enc..., va n... ta mère. Tu veux qu'on s'explique ? Fils de p... Comme ça tu pourras dire que je suis mal élevé!" Dans la dépêche qui relatera ces faits, l'AFP passera l'éponge sur l'étincelle du "casse toi" : "Le rédacteur, restant poli, lui a dit qu'en ce cas-là, ses commentaires ne l'intéressaient pas", sera-t-il écrit.

Du "ferme ta g..." au "va te faire enc..."

Son Euro 2012, Samir Nasri l'avait débuté par un "ferme ta g..." adressé à des journalistes, réaction à chaud d'une égalisation importante face à l'Angleterre (1-1) lors du premier match du groupe D. Critiqué par la presse pour son rendement avant la compétition, l'ancien marseillais confiera plus tard que cette insulte était destinée au journal L'Equipe. Dans son édition du lendemain, le quotidien sportif faisait profil bas. Et n'en rajoutait pas spécialement non plus malgré la prestation catastrophique du joueur lors de la déroute face à la Suède (2-0).

Après son coup de sang initial, Samir Nasri n'avait pas franchement droit à l'erreur. Son entrée en jeu face à l'Espagne (64e) n'a pas eu de quoi taire les critiques, la physionomie du match n'aidant certes pas tellement. Les relations entre le Mancunien et la presse étaient prêtes à exploser à tout moment. Et dire que la veille, le sulfureux Eric Cantona soulignait, au cours d'un entretien accordé au Monde, que les critiques avaient été un moteur sain pour Nasri : "Si on va au bout de la logique, [Samir Nasri] aurait presque pu ajouter "Merci, enc... de journalistes'". Prémonitoire.

Twitter se régale : "Anelka intente un procès pour plagiat"

Cette nouvelle affaire Samir Nasri a en tout cas beaucoup inspiré les utilisateurs du réseau social Twitter. Parmi eux, @Nouj1 réadapte une célèbre citation de Jacques Séguéla ("Si à 50 ans tu t'es pas fait insulter par Samir Nasri, t'as raté ta vie"). @LCampistron, quant à lui, compare les propos du Citizen à ceux de Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, quand il avait défendu ses joueurs qui avaient traité les Stéphanois de bâtards : "d'après JM Aulas, qui vient de vérifier dans le dico, 'va te faire enc..., n... ta mère, sale fils de p...' ne serait pas insultant".

Les @cahiersdufoot distribuent les points ("Samir Nasri marque donc 5000 points et conforte sa place de leader au Challenge Nicolas Anelka") et @GuySitruk a évidemment une pensée pour Nicolas Anelka ("BREAKING NEWS Nicolas Anelka intente un procès pour plagiat à Samir Nasri : il avait déposé l'insulte 'va te faire enc...'!"). @PhVerneaux, enfin, s'amuse de la traduction faite dans les médias britanniques : "Ah, là, c'est beaucoup plus classe... Nasri: 'You always want to write some shit on us. Fuck you, go fuck your mother son of a bitch'." Une telle affaire ne pouvait que traverser les frontières et interpeller la presse étrangère, deux ans et quelque après Knysna.