Young n'a rien d'un second couteau

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Young n'a rien d'un second couteau
Par Gil BAUDU|Ecrit pour TF1|2012-06-10T19:55:54.000Z, mis à jour 2012-06-11T12:51:18.000Z

En l'absence de Wayne Rooney, Ashley Young sera l'arme offensive de l'Angleterre face à la France, lundi.

Wayne Rooney n'est pas là ? Pas grave. Ashley Young assure l'intérim. Lundi, l'attaquant anglais de Manchester United suppléera son coéquipier chez les Red Devils face à l'équipe de France. Une fois de plus. Car depuis qu'il a pris les rênes de la sélection aux Trois Lions, Roy Hodgson ne se pose même plus la question : le remplaçant attitré de Rooney, c'est Young. Personne d'autre. L'ancien joueur d'Aston Villa n'a pourtant ni la réputation, ni le talent, ni le rendement de son glorieux partenaire de club. Quoique... Ces derniers temps, Young affole les compteurs. Jugez plutôt : buteur face à la Norvège (1-0), passeur face à la Belgique (1-0), le Red Devil s'est montré décisif à chacune de ses dix dernières sélections. Son bilan - six buts et quatre passes - en dit long sur le poids considérable qui est désormais le sien sous le maillot de l'Angleterre.

A 26 ans, l'heure est venue pour lui de "devenir un joueur de top-niveau international". C'est Roy Hodgson qui le dit. "L'Euro doit lui servir de tremplin, insiste celui qui a succédé définitivement à Fabio Capello en avril. Il sort d'une bonne saison avec Manchester United. Avec tout le talent qu'il possède, il est temps que sa carrière décolle enfin." A United, qu'il a rejoint pour 19 millions d'euros il y a un an, le natif de Stevenage a pourtant connu une première saison en dents de scie. Il n'a pas encore dompté la vive concurrence qui sévit chez les Red Devils. Mais ses apparitions ont suffi à convaincre Sir Alex Ferguson. "Ashley a marqué une dizaine de fois, soulignait récemment le manager écossais. Pour une première saison, c'est bien. Ça prouve qu'il a le sens du but, qu'il sait conclure les actions."

"Je ne suis ni un plongeur, ni un tricheur"

Mais qu'on ne s'y trouve pas : Young n'est pas un tueur des surfaces. Il ne l'était pas davantage à Watford et à Aston Villa. Sa vitesse, il l'exprime quand il a de l'espace. Sur le côté, ou mieux, en soutien d'une pointe. "Sa meilleure position", insiste Hodgson. Lundi, Young sera vraisemblablement associé à Danny Welbeck... qu'il côtoie, lui aussi, à Manchester. La complicité du duo a sauté aux yeux durant les matches de préparation. Elle n'a pas échappé à Laurent Blanc. Le patron des Bleus sait combien "la qualité de passe de Steven Gerrard" sera une aubaine pour "deux joueurs rapides". Et combien elle risque d'affoler sa charnière Mexès-Rami, que Young "espère lourde et lente". Le Milanais et le Valencian ont de quoi se méfier : outre-Manche, l'attaquant mancunien est aussi réputé pour sa propension à se laisser tomber facilement dans la surface. "Je ne suis ni un plongeur, ni un tricheur", se défend l'intéressé. Il vaudrait mieux.

De toute façon, comme le rappelait Anthony Réveillère au Touquet, "il y a une règle pendant l'Euro. Si un joueur plonge trop, il peut être sanctionné d'un carton jaune". Le latéral lyonnais en est persuadé : "les Anglais ne s'amuseront pas avec ça". Young a d'autres préoccupations. En attendant le come-back de Rooney, programmé face à l'Ukraine, il entend poursuivre sur sa lancée. Porter sur ses frêles épaules l'attaque de l'Angleterre. Prouver qu'il vaut mieux que son rôle de doublure. Ça fait beaucoup de pression pour ce petit gabarit. "Je réussis mieux sous la pression, dédramatise-t-il sur le site de l'UEFA. J'aime me lancer des défis. Quand le coach fait appel à moi, je me donne à 110%, comme toujours. Endosser le maillot de l'Angleterre, c'est une immense fierté pour moi." Il a si souvent allié les actes à la parole.

Young n'a rien d'un second couteau