Falco, selon son réalisateur Alexandre Laurent

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Alexandre Laurent, realisateur de falco
Par MYTF1|Ecrit pour TF1|2013-06-14T13:12:00.000Z, mis à jour 2013-06-14T13:43:50.000Z

Habitué des séries policières, Alexandre Laurent a réalisé trois des six épisodes que compte Falco. Tout au long de sa mise en scène, il a cherché à être au plus près des impressions de son personnage principal. Explications

Alexandre Laurent, le réalisateur de 3 épisodes de Falco, nous parle des secrets de fabrication de la série avec Sagamore Stévenin.


Pourquoi avoir accepté de participer à ce projet ?
J'ai trouvé le concept très accrocheur. Avec cet homme qui se réveille après plus de vingt ans de coma, il y avait matière à aborder les enquêtes policières de différentes façons. De plus, je connais bien l'équipe de Beaubourg Audiovisuel qui produit Falco car je travaille en confiance avec elle depuis plus de deux ans sur une autre série, Profilage. Je sais que nous avons envie de faire les mêmes films.

Profilage, R.I.S, Alice Nevers... Vous avez réalisé plusieurs séries policières. Quelle est la spécificité de Falco ?
J'ai beaucoup travaillé sur R.I.S, une série chorale dans laquelle les intrigues policières sont plus mises en avant que les personnages. Dans Falco au contraire, la vie du héros occupe une place majeure. Il m'a donc semblé important de présenter les événements de son point de vue. J'ai constamment adapté ma mise en scène en fonction de cela, filmant avec une caméra à l'épaule, très vivante, pour qu'elle soit toujours à son service.


Comment cela se traduit-il ?
Les téléspectateurs découvrent tout en même temps que lui, ils vivent les événements à travers son regard. Par exemple, juste avant qu'il tombe dans le coma, tout est montré comme il le perçoit. Les images sont floues, un peu surexposées car il est sonné. Puis vient une image noire lorsqu'il ferme les yeux. A son réveil, quelques secondes après, vingt-deux années se sont écoulées sans qu'il en ait conscience. Tout est allé très vite pour lui, comme pour les téléspectateurs. Dans le même ordre d'idée, j'ai voulu laisser de vrais moments de pause dans la mise en scène. Falco a perdu vingt ans de son existence. Pour réaliser et intégrer ce qui lui arrive, il a besoin de réfléchir à ce qu'est devenue sa vie, à ce qu'il a raté et ne rattrapera jamais.

Vous avez filmé ses séances de rééducation au cours d'un plan séquence montrant son évolution. Pour quelle raison ?
A chaque fois que j'aborde un film, j'imagine toujours plusieurs façons de tourner une séquence pour me laisser le choix. Pour présenter l'évolution de son état physique, j'aurais pu faire un clip très découpé montrant les différentes étapes, comme les séances d'entraînement dans Rocky. Mais je craignais de perdre en émotion. Montrer sa progression lors d'un seul plan me permettait de donner l'impression du temps qui s'écoulait tout en conservant à la fois le rythme et l'émotion. J'ai tourné cette scène avec un motion control, un appareil qui crée une impression de mouvement. J'avais vu cette technique dans un long métrage mais jamais encore dans une fiction à la télévision. Cela me permettait de répondre à une demande de la chaîne qui souhaitait une image nouvelle pour la série.

Comment avez-vous choisi de replonger les téléspectateurs dans les années 90 lors du premier épisode ?
Pour comprendre tout ce que Falco avait perdu, il était important de faire exister sa famille dès le début de la série. Il évolue au milieu de sa femme et de sa fille, dans une sorte de parenthèse enchantée avant que tout bascule. Mais faire ressentir à l'image ce retour dans les années 90 n'était pas évident car il n'y a pas vraiment eu de changements significatifs en vingt ans. J'ai donc représenté ce retour en arrière simplement, grâce à un plan sur un vieux radioréveil qui laisse entendre un jingle avec la date, comme c'est le cas dans Retour vers le futur. Ensuite, les années 90 sont plutôt évoquées de manière sonore, avec des chansons de l'époque. Mais c'est essentiellement grâce aux changements physiques des personnages que l'on s'aperçoit du temps écoulé. Nous avons notamment rajeuni Sagamore Stévenin grâce à des prothèses et à une coupe de cheveux différente.


Il ne nous reste plus qu'à voir ce que cela va donner: Falco c'est à partir du jeudi 20 juin à 20h50 sur TF1. Découvrez aussi l'interview de Sagamore Stévenin