Allemagne-Suède : et si le problème de la Mannschaft était son QG ?

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Bus Allemagne Vatutinki
Par Yohan ROBLIN|Ecrit pour TF1|2018-06-22T18:25:05.308Z, mis à jour 2018-06-22T20:36:51.876Z

La majorité des camps de base des 32 équipes du Mondial ressemble à des bunkers ultra-sécurisés, à l'écart des villes. C'est le cas de celui de l'Allemagne, qui se retrouve isolée du monde extérieur. Peut-être trop ?

"Ce n'est pas le genre d'endroit où vous auriez envie de passer vos vacances". Ce "genre d'endroit", décrit par la télévision allemande il y a quelques jours dans un reportage, c'est le camp de base de l'Allemagne. Voilà déjà de quoi se mettre dans l'ambiance. Situé à Vatutinki, en lointaine banlieue à 40 kilomètres au sud de Moscou, siège des services russes de renseignement militaire, le GRU, le QG de la Mannschaft est un lieu "bunkerisé". 

Tout autour, des murs de quatre mètres de haut, des forêts de feuillus et d'immenses barres d'immeubles - témoins de l'héritage des cités HLM de l'ex-Union soviétique - cernent l'enceinte fortifiée. Tout contact, même visuel, avec les joueurs est tout bonnement impossible. Cet isolement total avait déjà fait l'objet de vives discussions avant la Coupe du monde. Un débat relancé après le mauvais départ de l'Allemagne dans ce Mondial.
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Une source de tensions en interne

Basé à une heure de route du stade Loujniki, à trente minutes de l'aéroport de Vnukovo et tout prêt des terrains d'entraînement du CSKA Moscou, cette propriété du ministère russe de la Défense (voir les photos ci-dessous), vaste complexe de 72 chambres avec piscine, spa et salle de gym, a soulevé de nombreuses interrogations au sein même de la délégation allemande. Au point que Joachim Löw, en personne, a été contraint de désamorcer un début de polémique. "Campo Bahia (le lieu de villégiature de l'Allemagne lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, ndlr) était extraordinaire, une oasis de calme. Maintenant, nous avons des conditions différentes (...) Si on commence à se lamenter, on y laisse toute son énergie", a tranché le sélectionneur allemand. 

Il se dit toutefois outre-Rhin que Löw aurait préféré retrouver l'ambiance plus ensoleillée de Sotchi, la station balnéaire de la Mer Noire, où l'Allemagne s'était installée lors de la dernière Coupe des Confédérations. "Nous n'avons pas eu le choix", a rétorqué le manager de l'équipe, Oliver Bierhoff. En optant pour un site proche de Moscou, l'encadrement a voulu éviter au maximum le stress des longs déplacements. Tout en contrôlant parfaitement sa communication. Une stratégie poussée parfois jusqu'à l'extrême.

Une vie en vase clos

Depuis l'entraînement ouvert au public le lendemain de leur arrivée en Russie, toutes les séances sont désormais à huis clos après les 15 minutes obligatoires d'échauffement ouvertes à la presse. Les journalistes admis dans le domaine de la Mannschaft n'ont d'ailleurs aucun contact direct ou spontané avec les joueurs. Pour toute demande, ils doivent s'adresser à l'encadrement qui décide quel média a le droit de rencontrer quel joueur.

Dans le même temps, le quotidien Bild se fait l'écho de dissensions au sein du groupe. L'unité et la cohésion de l'équipe seraient en danger en raison de conflits internes et de divergences difficilement réconciliables. Il se murmure que certains joueurs n'apprécieraient pas la vie à Vatutinki. Des conditions à des années-lumières de ce qu'ils ont connu au Brésil quatre ans plus tôt où la part belle était faite au temps libre. Cette vie en vase clos, censée resserrer les liens, n'aurait pas l'effet escompté. Inquiétant avant le match face la Suède, ce samedi à 20h (en direct sur TF1), d'ores et déjà crucial pour les champions du monde en titre allemands.

en savoir plus : Equipe d'Allemagne de Football, Coupe du Monde 2018 : Allemagne - Suède

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