Asseyi, VAR, prestation en demi-teinte : ce qu'il faut retenir de Nigeria-France

COUPE DU MONDE 2019 - Voici ce qu'il faut retenir du succès de la France face au Nigeria (0-1). L'équipe de Corinne Diacre a bouclé son premier tour avec un troisième succès et une première place.

Le jeu

La France est une équipe stéréotypée. Auteure d'une prestation inégale et en demi-teinte, la sélection de Corinne Diacre n'a pas spécialement séduit l'auditoire au Roazhon Park, lundi soir. S'il n'a jamais été question de demander du jeu, de la folie, ou quoi que ce soit d'autre à un stade trop avancé de la compétition, cette prestation très sage n'a pas vraiment rassuré. Les Bleues sont trop restées dans leur zone de confort dans l'ensemble. Etre sûr de ses forces et de ses acquis est une chose, évoluer, tenter quand c'est possible, en est une autre.

Faire un match moyen, et ennuyant, n'est pas une tare. Ces rencontres sans enjeu sont là pour souffler et surtout faire des gammes. Les messieurs étaient également passés par-là en Russie, il y a un an, en sortant un match immonde face au Danemark (0-0) pour leur dernière sortie du premier tour. Ce match, qui comptait pour du beurre, n'avait à l'époque pas vraiment d’intérêt pour les hommes de Deschamps, restés en contrôle à Moscou, tout comme les Danois. Le parallèle est tout trouvé : le Nigeria est à Diacre, c'est que le Danemark était à Deschamps.

Les côtés, c'est la force des Bleues

Corinne Diacre a répété avant la Norvège qu'elle disposait de plusieurs plans de jeu. Sauf, qu'on en a aperçu qu'un seul depuis le début de la compétition. Le jeu des Bleues consiste à chercher Gaëtane Thiney en pivot, basculer sur un des deux côtés, tenter sa chance en un contre un et centrer. Mangés physiquement par leurs adversaires, bien disposées et compactes dans l'ensemble, les Françaises ont récité ce plan A, qu'elles connaissant par cœur, sans mettre une seule once d'intensité. La bonne nouvelle c'est que ça n'a duré qu'une mi-temps.

Sans intensité rien n'est possible en football. Après le retour des vestiaires, les Françaises ont joué un poil plus haut, ce qui a conduit à trouver plus de décalages. C'est aussi la baisse physique du Nigeria qui a permis aux Bleues de faire mouche. Le coaching de Corinne Diacre a été payant : les entrées d'Eugénie Le Sommer et Kadidiatou Diani ont apporté techniquement. Elles ont surtout apporté de la coordination et du mouvement. L'imprévisibilité, c'est la clé.

Le Sommer, entrée côté gauche, a rapidement retrouvé sa complicité avec Amel Majri. C'est la latérale qui a débloqué le match malgré elle en envoyant un centre vers la surface et Viviane Asseyi. Un centre qui a confirmé que la force des Bleues était plus que jamais ses côtés et l'apport de ses latérales. La suite c'est le VAR en action, un double penalty (un raté, un réussi), une bonne polémique et une victoire. Une victoire de phase finale au 1er tour. Pourvu que ce soit une constante et non le début d'une descente.

Penalty VAR

Les faits de match / les joueuses

On a aimé

  • La solidité défensive des Bleues. Le 4-2-3-1 de Corinne Diacre est bien disposé et le Nigeria, en difficulté au niveau transition milieu / attaque n'a jamais trouvé la clé pour créer des décalages ou prendre de vitesse l'arrière-garde. Un bon point pour l'équilibre d'ensemble.

  • Viviane Asseyi. Titularisée pour la première fois dans cette Coupe du monde, la joueuse de 25 ans a montré qu'elle en avait sous le pied. Vitesse, technique, polyvalente et ennuyante à marquer, la Bordelaise a marqué des points pour jouer un rôle plus important en phase finale.

  • Les entrées de Le Sommer et Diani. Les deux joueuses apparaissent incontournables pour le secteur offensif des Bleues (voir partie "Le jeu"). Et ça peut être aussi comme "jokers".

  • Le VAR qui a rappelé les nouveautés instaurés dans les lois du jeu depuis le 1er juin dernier.

On n'a pas aimé

  • Le match de Gaëtane Thiney. Incontournable pour Corinne Diacre en position de milieu offensive axiale, pour son abattage défensif, l'attaquante n'arrive plus à peser sur le jeu. Passes faciles, lenteur, jeu dos au but défaillant et ratés dans la surface, la joueuse de 33 ans n'est pas à l'aise dans cette position sacrifice. Corinne Diacre lui a quand même laissé 89 minutes pour s'exprimer, signe d'une confiance absolue.

Les chiffres du match

3 - Avec trois buts marqués depuis le début du Mondial, Wendie Renard a marqué plus de buts que 12 nations lors de cette compétition.

4 - La France n'a cadré que 4 tirs sur ses 22 tentatives de la soirée. C'est peu et ce genre de chiffres seront interdits en phase finale.

2 - Le match Nigeria / France a été le deuxième match de la compétition sans un seul tir cadré en première période.

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