Antoine Griezmann, le plus "Uruguayo" des Bleus

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Antoine Griezmann Gimenez Godin
Par Yohan ROBLIN|Ecrit pour TF1|2018-07-01T14:45:59.930Z, mis à jour 2018-07-01T15:07:26.334Z

Grand ami de Diego Godin, amateur de maté et supporter de Peñarol, Antoine Griezmann entretient une relation particulière avec l'Uruguay. Le quart de finale de Coupe du monde entre la Céleste et les Bleus, vendredi 6 juillet (à 16h en direct sur TF1), aura donc forcément un goût particulier pour lui.

En Amérique du Sud, la presse l'a affublé du surnom "l'Uruguayo" ("l'Uruguayen", en français). Exilé en Espagne, à l'Atlético de Madrid, Antoine Griezmann a trouvé un autre pays d'adoption avec l'Uruguay. Et à l'heure de se mesure à la Céleste en quarts de finale de la Coupe du monde, vendredi 6 juillet à Nijni-Novgorod (à 16h en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI), cette connexion entre l'enfant de Mâcon, bercé dans son adolescence par les influences charrúas, et le pays d'Amérique latine revient logiquement comme un boomerang. 

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Recalé par les centres de formation en France, réticents à l'accueillir à cause d'un gabarit jugé trop petit, "Grizou" s'expatrie au Pays basque à l'âge de 14 ans. C'est là-bas, à la Real Sociedad, qu'il a démarre, couvé par l'entraîneur uruguayen Martín Lasarte. "Il venait dîner à ma maison et je lui montrais de vieux matches. Je pense que ça l'a ennuyé au bout d'un moment", racontait l'ancien défenseur du Nacional Montevideo au quotidien sportif Mundo Deportivo en 2015. "On parlait beaucoup de football. On mangeait souvent dehors." 

À San Sebastian, Griezmann se lie d'amitié avec Carlos Bueno. L'Uruguayen, passé avec fracas par le PSG en 2005-2006, l'accompagne à l'entraînement et l'initié à la culture latine. "Ça a commencé à la Real Sociedad où mon entraîneur, Martin Lasarte, était Uruguayen. Carlos Bueno m'a pris sous son aile et m'a appris à boit le maté. Chaque année, j'avais un ou deux Uruguayens dans mon équipe", a rappelé l'attaquant des Bleus, invité à s'exprimer devant la presse au lendemain de la qualification de l'équipe de France contre l'Argentine (4-3). 

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Diego Godín, le maté et Peñarol

Imprégné de la culture locale, Antoine Griezmann décuple son obsession à son arrivée à l'Atlético, où évolue une colonie sud-américaine. Dans le vestiaire, intégré par Cristian Rodriguez, proche de Carlos Bueno, il s'assoit à côté des Uruguayens Diego Godín et José Giménez, les deux joueurs qui composent la charnière qui affrontera avec les Bleus. "Comme nous disons entre nous, Antoine est un Uruguayen de plus. Il se joint toujours à nous, il boit du maté, il a presque la même culture que nous", expliquait Gimenez dans un entretien à So Foot. À toutes heures de la journée, il boit cette infusion de plantes très populaire en Argentine et en Uruguay. "C'est comme du thé ou du café. J'en bois tout le temps avant l'entraînement. Ça me réveille", assurait "Grizi". D'ailleurs, en club ou en équipe de France, Griezmann ne se déplace pas sans son nécessaire à maté, sa calebasse et une bombilla (une sorte de paille en fer, ndlr). Ainsi, le voir en siroter son maté est devenu un rituel des avant-matches.

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"Il est Uruguayen. il a toujours été entouré de joueurs uruguayens. Il aime ce que nous sommes, nos coutumes, manger un asado (une technique culinaire de grillade, ndlr) notre musique, et il boit plus de maté que moi", s'amusait Godín il y a quelques semaines. Diego Godín, qui est aussi le "parrain de sa fille" comme l'a révélé l'attaquant des Bleus lorsqu'il a été interrogé sur sa relation avec le capitaine de la Céleste. "Diego Godin est un grand ami. Je suis tous les jours avec lui, au vestiaire ou dehors des terrains. Cela va être un match avec beaucoup d'émotion pour moi", a-t-il expliqué. Preuve de l'amitié entre les deux hommes, Griezmann avait revêtu le maillot de "son grand ami" pour l'accueillir à l'aéroport de Madrid, après la qualification de l'Uruguay pour le Mondial. 



Grand adepte de la culture uruguayenne, le Mâconnais en connaît aussi tout un rayon sur le football sud-américain. Au cours de son expérience à la Real Sociedad, il a découvert Peñarol, l'un des plus grands clubs du pays, dont il a été fait socio par le président Ignacio Ruglio. "J'adore Peñarol à cause de Carlos Bueno qui a joué là-bas. J'ai commencé à voir les matches avec lui et à apprendre les chants de supporters", a relaté Griezmann. 

Un amour inconditionnel pour l'Uruguay

Une passion obsédante qu'il voue aussi à la Celeste. À chaque fois que la sélection emmenée par Luis Suarez et Edinson Cavani joue, il n'hésite pas à clamer son amour sur les réseaux sociaux en scandant "Uruguay Nomá", le cri de ralliement des fans uruguayens. Dès lors, pas étonnant qu'il ait un regard avisé sur l'Uruguay. 

"Vous avez vu le match contre le Portugal, c'est un 4-2-2 bien resserré. Ils défendent tous ensemble, donnent tout pour le coéquipier et c'est beau. C'est ce que je vis tous les jours à l'Atlético de Madrid et j'adore ça", a-t-il expliqué en conférence de presse. Avant d'annoncer qu'il ne s'attend pas à une partie de plaisir : "L'Uruguay, ils vont jouer leur match, prendre leur temps, tomber, aller voir l'arbitre. C'est ce qu'on fait à l'Atlético et il va falloir s'habituer à ça. Le match va être chiant et ils vont vouloir nous amener de leur côté."

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Dès samedi, dans les couloirs de la Kazan Arena, Griezmann confiait son envie de retrouver l'Uruguay, où il a "deux amis". Son souhait a été exaucé. À lui maintenant de mettre ses émotions de côté.

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