Russie-Croatie : que devient Slaven Bilic, l'homme qui avait fait expulser Laurent Blanc ?

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slaven bilic west ham
Par Antoine RONDEL|Ecrit pour TF1|2018-07-07T16:52:34.648Z, mis à jour 2018-07-07T16:52:36.069Z

L'ancien défenseur, connu du grand public français pour avoir provoqué l'expulsion de Laurent Blanc après une grossière exagération lors de la demi-finale de la France contre la Croatie en 1998, poursuit sa vie dans le monde du football.

- Nous sommes un petit pays

- Vous n'arrêtez pas de répéter ça...

- C'est vrai, nous sommes un plus grand pays que vous.

- Bien plus grand.

- Et on a de meilleurs footballeurs, aussi.


Cet échange pince-sans-rire, au cours duquel Slaven Bilic défend la sélection croate face à Martin O'Neill, le manager de l'équipe de la République d'Irlande, est un de ceux qui fait les délices des téléspectateurs britanniques. Nous sommes dimanche 1er juillet sur la chaîne anglaise ITV, co-diffuseuse de la Coupe du Monde Royaume-Uni, où l'ex-défenseur central croate officie comme consultant pour les grands rendez-vous du football international. Une chaîne sur laquelle Slaveni Bilic, qui fut brièvement l'homme le plus controversé de France en faisant expulser Laurent Blanc un soir de demi-finale de Coupe du monde 1998, brille comme consultant football. 

La "star des consultants"

Au point d'obtenir, selon le très exhaustif classement du Guardian, le titre officieux de meilleur consultant de la télé britannique à la Coupe du Monde, qui fait de lui la "star des consultants". "Personne ne combine mieux que lui enthousiasme communicatif et justesse d'analyse, estime le quotidien. L'ancien défenseur de 49 ans dégaine sa répartie, comme lors de ce débat sur l'utilisation de la vidéo après Brésil-Suisse : 'Si j'étais le sélectionneur brésilien, je serais pour et si j'étais le sélectionneur suisse, je serais contre. Mais pour être honnête, je n'en ai rien à faire. Pourquoi le devrais-je, d'ailleurs ?'"

L'enthousiasme, Slaven Bilic ne l'économise pas. La qualification de la Croatie à l'arraché contre le Danemark en est la preuve, ITV ne se privant pas de diffuser les réactions de soulagement et de joie de l'ancien sélectionneur croate après les tirs au but réussis des siens. Une rediffusion qui a agacé le consultant, mais qui qui n'était pas sans rappeler, à l'Euro 2016, son débordement de joie après le but splendide de Dimitri Payet, qu'il dirigeait à West Ham, contre l'Albanie. Les bras en croix, les genoux sur le bureau, sa célébration l'avait rappelé au bon souvenir des supporters français.


Oublié l'ennemi public de 1998

Jusqu'à présent, la cote de popularité n'était en effet pas au beau fixe. 6 juillet 1998, soir de demi-finale entre la France et la Croatie. La France mène 2-1, échauffourrée dans la surface croate, une main de Laurent Blanc sur sa gorge, et Slaven Bilic s'écroule. José Garcia Aranda n'hésite pas et sort le carton rouge contre le Président, le privant ainsi de la finale contre le Brésil. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, et Laurent Blanc, qui a toujours assumé sa "faute" dans cette action, a même confié que cet épisode l'avait conduit "à prolonger sa carrière". 

Après sa fin de carrière, Slaven Bilic a trouvé le chemin des bancs, prenant les rênes de la Croatie en 2006, après seulement cinq ans de pratique. En 2011, les deux hommes, à la tête de leur sélection respective, se retrouveront lors d'un match amical. L'occasion pour Bilic de rester droit dans ses bottes et de se défendre d'avoir exagéré quoi que ce soit : "Il [Blanc] me frappe. Pas comme Mike Tyson mais il me frappe. On s'en fiche d'où, il y a des cartons rouges qui ont été distribués pour moins que ça. [...] Vous pouvez me siffler, j'adorerai toujours Jean Reno dans "Léon", la Côte d'Azur et vos vins". Pince-sans-rire, toujours.

A la tête six années durant de Vatreni jamais en déficit de talents, il ne fera jamais mieux qu'un quart de finale de l'Euro en 2008, cruellement perdu aux tirs au but face à la Turquie. Sa jeune carrière l'emmènera ensuite à West Ham, un de ses sommets d'entraîneur où, avec un Dimitri Payet supersonique dans ses rangs, il emmène les Hammers à la 7e place de la Premier League. L'aventure finira quelques mois plus tard, après un début de saison en eau de boudin. A 49 ans, Slaven Bilic a encore le temps devant lui. Et s'il n'a pas de club en ce moment, son avis compte toujours. Consultant décidément bien réclamé, il signe également des chroniques pour l'Evening Standard. Le titre de la dernière ? "La Russie vole en ce moment : l'Espagne aurait été un adversaire plus facile pour la Croatie." 

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