Suède-Angleterre : la nostalgie au rendez-vous

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CaptureSuède Angleterre
Par Antoine RONDEL|Ecrit pour TF1|2018-07-07T05:30:31.081Z, mis à jour 2018-07-07T05:30:31.081Z

Qu'il soit scandinave ou britannique, le vainqueur du quart de finale, samedi 7 juillet à 16h, retrouvera, en se qualifiant pour les demi-finales, des hauteurs mondiales qu'il n'a pas fréquentées depuis plus de 20 ans.

Cela a été dit et répété : cette Coupe du monde est remplie de surprises. La Russie, vouée aux gémonies depuis des mois, est en quarts de finale, et l'Argentine, l'Espagne, le Brésil ou encore l'Allemagne, favoris par habitude, sont passés à la trappe. Mais comme tout bon barnum, la réunion du gratin du football mondial porte aussi en elle un souffle de nostalgie. La preuve avec la Suède et l'Angleterre, qui se rencontrent en quart de finale, samedi 7 juillet à 16h, à Sotchi. Il faut en effet afficher quelques années au compteur pour se rappeler des moments de gloire de ces deux sélections à l'échelle mondiale. 

Des Three Lions ou des Blågult, nulle trace de demi-finale en Mondial depuis 1990, pour les premiers et 1994, pour les deuxièmes. A l'époque, les stars s'appelaient Paul Gascoigne ou Gary Lineker d'un côté, Henrik Larsson ou Kennet Andersson de l'autre. En 1990, l'Angleterre avait appris que le football "était un jeu simple" où "22 hommes couraient après un ballon et, à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne". Quatre ans plus tard, la Suède était crucifiée dans la touffeur de Pasadena par le Brésil de Romario, à 10 minutes des prolongations. Pour retrouver un parfum de finale, l'expérience ne se chiffre plus en années mais en décennies. En 1966, Geoffrey Hurst marquait son fameux but fantôme qui propulsait les Britanniques sur le toit du monde. Pour la Suède, pas de trace de titre mondial. Mais une formidable épopée, à la maison, en 1958, pour finir étrillée par le Brésil de Pelé, qui avait étourdi le tournoi du haut de ses 17 ans.

Générations inattendues

Paradoxalement, c'est alors qu'on pressentait les deux équipes dans un creux générationnel qu'elles remontent la pente. Chez les Scandinaves, adieu les Zlatan Ibrahimovic ou les Kim Källström, génération dorée des années 2000 et 2010 qui savaient exporter leur talent sans le garder à la maison. C'est le besogneux Andreas Granqvist et l'intenable Emil Forsberg qui tiennent la maison avec succès, après avoir surfé sur les larmes de Gigi Buffon pour s'offrir, par la voie des barrages, un billet pour la Russie. Le vrai-faux suspense autour de la participation de Zlatan Ibrahimovic n'a pas traumatisé le pays, et la presse spécialisée est unanime : "La Suède se débrouille mieux sans lui". De là à rejoindre les héros de 1958, Kurre Hamrin ou Agne Simonsson ? Pour Zlatan Ibrahimovic, pas de doute : "Ils peuvent gagner la Coupe du monde".


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En Angleterre, les traumatismes, les éliminations au premier tour ou en huitièmes de finale, ces derniers Euros et Coupes du monde, se sont succédé à en déprimer un correspondant du Sun, jamais avare de vacheries sur la sélection. Aujourd'hui, nulle défiance. Les débuts de la bande de Harry Kane dans ce Mondial enthousiasment le pays, bien plus que les déboires des générations Becham, Gerrard, Rooney et Terry. "Je n'ai personnellement aimé aucun match de l'Angleterre depuis 2002, raconte au Guardian le journaliste Chris Blackurst. Le niveau de jeu était mauvais, l'ambiance aussi, de Fabio Capello qui traitait les gens comme des gamins à Roy Hodgson qui choisissait ses équipes en essayant de ne froisser personne. Ça a changé, aujourd'hui. [...] L'ensemble semble beaucoup plus détendu, libéré." Une atmosphère qui se concrétise ainsi : "Football is coming home" ("le football rentre à la maison"), du nom d'une chanson composée pour l'Euro 1996, sur le territoire britannique, devenu un véritable tube à l'époque et repris avec la même intensité en 2018.



Le "King" Eric Cantona ne s'y est pas trompé, reprenant à son tour le mème lors de sa chronique sur Eurosport. Comme le dit le Guardian, l'Angleterre a déjà gagné la Coupe du monde du mème. Reste à savoir si la Suède la laissera passer l'obstacle pour se rapprocher de l'autre Coupe du monde, la vraie.

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