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Les Belges nous détestent-ils vraiment ?

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FRABEL SUPPORTERS
Par Emmanuel Bousquet|Ecrit pour TF1|2018-07-10T09:54:07.106Z, mis à jour 2018-07-10T10:23:30.256Z

La demi-finale face aux Diables rouges venus de Belgique met en lumière un sentiment étonnant. On a essayé de le comprendre avant le choc sur terrain vert, mardi soir à Saint-Pétersbourg.

De part et d’autre de la frontière, on ne parle plus que de ça. De ce choc entre “meilleurs ennemis”. Partout, dans les communes limitrophes de Mons, de Mouscron ou de Comines, on prend la température autour de ce France-Belgique tant attendu. Et on découvre que les Belges vouent à l’égard du Français d’en-face des sentiments plus que mitigés.  L’Avenir, par exemple, interroge ses compatriotes : “Pourquoi on aime détester les Français”, quand Le Soir parle également de la France, "ce voisin que l'on aime tant détester"...

Qu’avons-nous donc fait pour mériter ça alors que de plus en plus de liens se tissent avec nos amis du plat pays ? Alain Lefebvre, qui a fondé Juliette & Victor, une revue basée à Bruxelles pour faciliter l’installation de nos compatriotes outre-Quiévrain nous explique  : "Je ne dirais pas qu’ils nous détestent mais ils étaient jusqu’alors un peu complexés vis-à-vis des Français mais c’est en train de changer. Ils estiment qu’on ne les considère pas suffisamment. Nous sommes jugés comme assez arrogants". C’est le principal grief que nous reprochent nos voisins selon le sondage publié en 2017 par le magazine pour la troisième fois depuis son lancement dix ans plus tôt. Même s’il faut souligner que ce défaut, tout comme le chauvinisme, est de moins en moins reproché aux Français : plus d'un Belge sur deux (53%) l'estimait en 2007 contre un sur trois en 2017 (32%).

Aujourd’hui, ils revendiquent leur "belgitude"

Ce ressentiment trouve certainement une part de son explication dans l’histoire lointaine : "La Belgique a été sous domination française. Il ne faut pas oublier que la Flandre nous a longtemps appartenu, que les Flamands continuent de nous considérer comme des ennemis en souvenir de la bataille des Éperons d’or en 1302 (connue aussi sous le nom de Bataille de Courtrai), ou encore qu'il y a plus de 300 cents ans, un tiers de Bruxelles était rayé de la carte par Louis XIV", rappelle Alain Lefebvre. Plus de sept siècles plus tard, le temps a fait son oeuvre et la rancune s'est étiolée. Désormais, les Belges, toujours selon le sondage, sont 47% à se sentir proches de la France (ils étaient 60 % en 2012) et 25% "apprécient les Français en général". 

>> Français et Belges, si proches, si différents

 "Les choses ont beaucoup évolué depuis les mauvaises blagues de Coluche sur les Belges. Beaucoup d'entre eux ont enrichi le patrimoine culturel ou artistique français. Autrefois, ils se laissaient franciser tandis qu’aujourd’hui, ils revendiquent leur "belgitude", comme c’est le cas pour Amélie Nothomb par exemple. Les Belges sont devenus fiers d’eux et notre arrogance les gêne un peu moins. Ils s’affranchissent petit à petit du complexe qu’ils avaient envers la France. S’ils nous battent ce soir, la bascule sera totale", prévient Alain Lefebvre. 

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