"Jouer contre les Japonais ne sera pas une partie de plaisir"

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Par Allan DELAMOTTE |Ecrit pour TF1|2018-07-02T13:07:10.854Z, mis à jour 2018-07-02T15:22:44.845Z

Sur le papier, le huitième de finale opposant la Belgique au Japon ce lundi soir (à partir de 20 heures sur TF1) bascule largement en faveur des Diables Rouges, auteurs d'une phase de poule parfaite. On a demandé à Daniel Sanchez, qui a coaché au Japon à la fin des années 1990, de nous parler du foot nippon.

Ce lundi, la Belgique affronte le Japon en huitième de finale du Mondial russe, pour ce qui paraît être l'un des matchs les plus déséquilibrés du tableau final. Daniel Sanchez, ancien joueur professionnel et entraîneur qui a officié pendant deux ans au Japon en tant qu'entraîneur du Nagoya Grampus, s'est penché sur l'évolution de cette sélection nippone, son parcours pendant ce Mondial et ses chances face aux Diables Rouges.

Pour le technicien de 64 ans, qui a également coaché l'OGC Nice ou encore Valenciennes, le football japonais "a bien évidemment évolué, notamment grâce au fait que de plus en plus de Japonais vont jouer à l’étranger", analyse Sanchez. "Il y a quelques joueurs de la sélection qui sont un peu plus expérimentés par rapport à la période où j’ai entraîné au Japon, où il s'agissait essentiellement de joueurs évoluant dans le championnat japonais. A l’époque, ils manquaient un peu de culture tactique, ils l’ont ensuite acquise à l’étranger et l’ont transférée chez eux. Il y a toujours aussi quelques joueurs étrangers évoluant au Japon, peut-être moins qu’à mon époque où c’était l’Eldorado, mais il y a encore pas mal de Brésiliens, ils ont gardé l’aspect technique de ces joueurs."

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"On n'a pas besoin de leur courir derrière pour les faire avancer"

Pour Sanchez, la grande force des Blue Samuraïs réside dans leurs ressources mentales : "Ils ont un état d’esprit irréprochable, ce sont des bosseurs incroyables, là-bas ils ont vraiment la culture du travail, à tous les niveaux, même dans le sport. Entraîner là-bas est donc super agréable, on n’a pas besoin de leur courir derrière pour les faire avancer, ils avancent tous seuls. C’est dans leur culture. Ils ont également des qualités techniques et une certaine vivacité. Ils manquent certainement de condition athlétique mais ils compensent par beaucoup de vivacité, de vélocité, de travail et de générosité." 

Si certains amateurs de football n'auraient pas misé sur le Japon pour une présence en huitième de finale, Daniel Sanchez n'est pas du tout surpris par leur parcours. "C’est une équipe qui a déjà joué des Coupes du monde, et pas seulement lorsqu'ils l’ont organisée (en 2002, ndlr)". Les voir passer en huitième de finale n’est pas non plus "une surprise incroyable", déclare l'ancien entraîneur du Tours FC. Qui anticipe de grandes difficultés face aux Belges : "Pour ce soir, cela me parait très compliqué pour les Japonais. Ce serait un exploit s’ils arrivaient à sortir la Belgique. Maintenant, dans cette Coupe du monde, il faut s’attendre à tout, il faut se méfier. La Belgique possède des joueurs de haut niveau et beaucoup de talent, rivaliser face à eux sera très compliqué. Pour moi, la Belgique est clairement favorite. Je la vois s’imposer 3-1."

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Vers un remake d'Espagne-Russie ?

Une équipe belge qu'il classe parmi les nations favorites du Mondial : "La Belgique est évidemment favorite dans ce Mondial, comme peut l’être la France, le Brésil, qu’ils pourraient affronter en quarts. Mais en tout cas, ils peuvent prétendre au titre." Pour autant, la Belgique aura fort à faire face au Japon selon Sanchez : "Ils ne lâchent rien, sont vifs, s’accrochent, ce qui fait qu’ils sont toujours compliqués à jouer. C’est avant tout une équipe, un collectif, un groupe. (...) Ils vont jouer à 200% de leurs qualités. Le début de match sera très important, surtout s’ils encaissent un but d’entrée. On pourrait toutefois assister un scénario similaire à Espagne-Russie, où on n’imaginait pas l’Espagne être éliminée. Malgré ses 1 000 passes effectuées, elle s'est faite sortir."

Pour Sanchez, un seul ingrédient pourrait permettre aux Japonais de créer la sensation : "S’ils arrivent à passer, cela sera grâce à leur collectif, leur mental, leur patriotisme. Ils ont vraiment ces valeurs-là. Il ne faut pas croire que jouer contre les Japonais sera une partie de plaisir." A quelques heures de la rencontre, les joueurs belges sont prévenus.