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Les enseignements à tirer du premier tour de la Coupe du monde

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Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-06-29T14:00:10.654Z, mis à jour 2018-06-29T14:09:16.617Z

La phase de groupes de la Coupe du monde a pris fin jeudi soir. L’heure est désormais au bilan des grandes tendances ayant émergé ces deux dernières semaines.

Certains considèrent que la vraie Coupe du monde commence maintenant. C’est-à-dire avec l’ouverture, dès samedi, de la phase à élimination directe, avec ses matchs couperets et ses immenses vertiges sur chaque ballon gagné ou perdu. C’est oublier un peu vite que les prochains tours ne représentent qu’un petit quart du total des matchs du tournoi, et que la moitié des équipes engagées ne seront plus là. Le bilan que l’on peut dresser du premier tour qui vient de s’achever a donc déjà quelque chose de très significatif. Focus sur les cinq grandes tendances qui se dégagent. 

La VAR au centre du jeu 

C’est peu dire que le possible recours, pour la première fois de l’histoire du Mondial, à l’assistance vidéo a bouleversé à la fois le métier d’arbitre et le rythme des matchs. L’utilisation de la VAR est ainsi devenue, en peu de temps, le principal sujet de débat après un match, rendant ironiquement les polémiques plus vives que par le passé. Entre les longs temps d’attente durant les rencontres et les prises de décisions parfois injustes, les crises de nerfs ont été nombreuses. Les penaltys aussi : 24 ont été sifflés durant ce premier tour. Un record absolu, et forcément une conséquence directe de cette aide technologique. Le précédent record s’élevait à 18 penaltys, en 2002, sur l’ensemble du tournoi.

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L’Afrique out, l’Europe in

Depuis le passage à 32 équipes lors de la Coupe du monde 1998, l’Afrique dispose de cinq représentants en phase finale, contre trois auparavant. C’est la toute première fois qu’aucun d’entre eux ne passe le premier tour. Notons, du reste, que les équipes de la zone Concacaf (Amérique du Nord et centrale) sont toutes sorties, sauf le Mexique, comme celles de la zone Asie, sauf le Japon. Alors que quatre équipes sud-américaines sur cinq sont passées. Mais ce sont surtout les équipes européennes qui ont performé, avec un impressionnant total de dix qualifiés sur quatorze (sans l’Allemagne). Un record. 

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Parole à la défense 

La folie du printemps européen, riche en buts et en rebondissements en Ligue des champions et en Ligue Europa, avait laissé augurer une Coupe du monde dans la même veine. Raté : la plupart des équipes verrouillent leurs arrières, y compris les grandes nations (Espagne et Belgique mises à part). Ce qui a donné des matchs serrés partout, et même quelques parodies de football, comme le récent Danemark-France ou la dernière demi-heure de Japon-Pologne (0-1). C’est net : cette Coupe du monde 2018 récompense, le plus souvent, les contre-attaquants. Ce qui a homogénéisé le niveau global. Les exemples ne manquent pas : l’Iran a tenu le Portugal en échec et a fait douter l’Espagne ; l’Allemagne a perdu deux matchs sur trois ; le Brésil et l’Argentine ont longtemps eu peur... Le futbol alegria d’il y a quatre ans, au Brésil, paraît déjà loin. 

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Une pluie de "CSC" et de buts tardifs 

Première conséquence de cette frilosité offensive : les équipes se regroupent souvent à onze dans leurs 30 mètres, ce qui crée de véritables embouteilles dans les surfaces de réparation, où les défenseurs se marchent sur les pieds et s’emmêlent un peu les pinceaux. Au point qu’un autre record historique a été battu, avec neuf buts inscrits contre son camp dans cette phase de groupes (contre six "CSC" en 1998, 2e total le plus élevé, sur l'ensemble de la compétition). Seconde conséquence : énormément de buts ont été marqués dans l’urgence des derniers instants. On compte en effet 11 buts inscrits à la 90e minute ou plus tard et qui ont directement changé le cours d’une rencontre, contre quatre après le premier tour en 2014.

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Les buteurs en réussite 

Paradoxalement, ce contexte ultra défensif ne nuit pas aux finisseurs de métier, alors que les dernières Coupes du monde avaient vu des meneurs de jeu ou des ailiers s’inviter en tête du classement des buteurs, comme James Rodriguez en 2014 (6 buts) ou Thomas Müller en 2010 (5 buts). D’ailleurs, les meilleurs artificiers de 2018 ont mis la barre très haut, Harry Kane ayant déjà atteint, en deux matchs, le total de cinq réalisations des meilleurs scoreurs de 2010 ou 2006. Et il n’est pas seul, puisque Romelu Lukaku et Cristiano Ronaldo le talonnent (4 buts), suivis de près par Diego Costa et Denis Cheryshev (3 buts). Des joueurs tous engagés dans les 8es de finale à venir.

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