Depuis les tribunes russes, les supportrices iraniennes veulent faire changer les choses dans leur pays

Depuis les tribunes russes, les supportrices iraniennes veulent faire changer les choses dans leur pays
En Iran, les femmes sont interdites de stade. Impossible pour elles d'assister à un match de foot masculin dans leur pays. Celles qui ont fait le voyage jusqu'en Russie comptent sur l'exposition médiatique de la Coupe du Monde pour se faire entendre.

Elles sont en Russie, supportent leur équipe nationale comme n'importe quelle supportrice et pourtant, ce qu'elles font, est passible d'une peine de prison dans leur pays. Durant Iran-Maroc, première affiche du groupe C de cette coupe du Monde le 15 juin dernier, vous avez certainement vu les images de ces femmes iraniennes grimées aux couleurs de leur pays, portant parfois des perruques, le maillot de l'équipe nationale, et le drapeau dessiné sur leurs joues. Des clichés qui devraient paraître anodins.

Sauf qu'ils ne le sont pas : en Iran, une loi prônée par les autorités religieuses interdit aux femmes d'assister à un match de foot masculin dans un stade, estimant que ces dernières doivent être protégées de l’atmosphère masculine qui y règne. Une situation dénoncée depuis des années par les ONG. En avril dernier déjà, quatre femmes avaient bravé l'interdit, déguisées en homme, pour assister à une rencontre à Téhéran. L'image avait d'ailleurs fait le tour du monde.



Quelle est la position de la FIFA sur le sujet ?

De tous les pays représentés dans cette phase finale de Coupe du Monde, l'Iran est le seul à bannir les femmes de ses stades lorsque des équipes masculines jouent. En mars dernier, Human Right Watch dénonçait le fait que 35 femmes avaient été arrêtées devant le stade Azadi : elles souhaitaient assister à un match entre Esteqlal et Persepolis, le derby de Téhéran. Gianni Infantino, le président de la FIFA était présent pour ce match et a essuyé de nombreuses critiques pour n'avoir rien fait. Un silence bien lourd rapidement rompu le patron de l'institution qui a assuré que le président Rohani lui avait promis de se pencher sur le sujet en autorisant les femmes à assister aux matches, en même temps que les hommes. Trois mois plus tard, qu'en est-il ? L'Iran n'a pas bougé d'un pouce sur le sujet et Infantino demeure muet malgré l'engagement de la Fifa à prôner la non-discrimination comme principe fondamental des événements qu'elle organise.

Et les joueurs de la Team Melli, ils en pensent quoi ?

Officiellement, durant la Coupe du Monde, ils ne veulent pas en parler. Le capitaine, Masoud Shojaei est resté très évasif sur le sujet lorsqu'il a été interrogé en conférence de presse. "Avec tout le respect que je vous dois à vous et à votre question, nous ne sommes pas seulement une équipe, nous sommes une famille, et c'est notre nation qui joue sur le terrain", a déclaré Shojaei. "Si vous voulez parler de cette question, c'est un problème interne que nous préférons résoudre en famille", a-t-il dit. Quoiqu'il en soit, c'est en Russie que les femmes iraniennes ont le droit de partager la joie de leur peuple, de crier le slogan de Team Melli, "80 millions de personnes, une nation, un battement de coeur" devant leur équipe !

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