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Coupe du monde 2018 : Romelu Lukaku, le serial buteur belge qui revient de (très) loin

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Lukaku Belgique Tunisie
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-06T18:47:06.663Z, mis à jour 2018-07-06T18:47:22.179Z

Deuxième meilleur buteur du Mondial à égalité avec Cristiano Ronaldo, c’est peu dire que Romelu Lukaku, l’avant-centre de l’équipe de Belgique, crève l’écran en Russie. Retour sur le parcours d’un miraculé.

"Si Lukaku est meilleur que moi ? Vous me faites rire. Mon nez est plus grand que sa carrière !" C’est par ce sarcasme que Zlatan Ibrahimovic avait accueilli, à l’été 2017, l’arrivée de Romelu Lukaku à Manchester United. On connaît la suite : le Belge a empilé les buts et le Suédois a dû quitter l’Angleterre six mois plus tard pour une pré-retraite américaine à Los Angeles.

Dans la foulée de cette saison pour le moins convaincante chez les Red Devils (27 buts toutes compétitions confondues), l’attaquant de 25 ans marche sur l’eau avec les Diables Rouges dans cette Coupe du monde : quatre buts lors de ses deux premiers matchs (il n'a pas joué le troisième match contre l'Angleterre), qui le placent à la deuxième place du classement des buteurs à égalité avec Cristiano Ronaldo, et font de lui le meilleur buteur de l’histoire de sa sélection dans un Mondial. Mieux : ce grand gaillard d’1,90 m pour 94 kg, à la pointe de vitesse vertigineuse, a marqué 17 buts lors de ses 11 dernières sélections !



Avant d’en arriver là, ou plutôt pour en arriver là, le natif d’Anvers, de parents congolais, a connu la galère, la vraie. Il l’a raconté il y a cinq jours à Players’ Tribune, un site créé par des sportifs professionnels : "Je me souviens du moment exact où j’ai compris que nous étions fauchés. J’avais six ans. Je suis rentré déjeuner à la maison. Le menu était le même tous les jours : du pain et du lait. Mais ce jour-là, dans la cuisine, j’ai vu ma mère qui coupait le lait avec de l’eau. J’ai réalisé que nous n’avions pas assez d’argent pour tenir toute la semaine."

"J’ai joué avec tant de colère, à cause de beaucoup de choses"


Il poursuit : "Mon père avait été footballeur professionnel, mais il était à la fin de sa carrière et l’argent avait disparu. Plus de télévision, faute de signal. Plus de match du jour. La nuit, les lumières s’éteignaient. Pas d’électricité pour deux, trois semaines à la suite. Je voulais prendre un bain. Il n’y avait pas d’eau chaude. Ma mère chauffait une bouilloire sur la cuisinière. Je me versais de l’eau sous la douche avec une tasse. Il y avait même des moments où ma mère ‘empruntait’ du pain à la boulangerie. Là-bas, ils nous laissaient prendre une miche le lundi. On les remboursait le vendredi. "

En parallèle, celui qui dépassait de deux têtes ses coéquipiers en équipes de jeunes a aussi dû vivre avec ses suspicions récurrentes sur son âge. "J'ai joué avec tant de colère, à cause de beaucoup de choses. Des rats qui couraient dans notre appartement. Parce que je ne pouvais pas regarder la Ligue des champions. À cause de la façon dont les autres parents me regardaient, dit-il encore. J’étais en mission. Moi, je voulais être le meilleur footballeur de l’histoire. Pas bon. Pas génial. Le meilleur." La mission n’est pas encore tout à fait accomplie. Mais c’est en très bonne voie.