L’Australie, "une équipe généreuse, qui ne lâche rien, jamais", prévient Éric Bauthéac

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Par Propos recueillis par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-06-16T07:59:05.663Z, mis à jour 2018-06-16T07:59:05.663Z

En octobre 2017, Éric Bauthéac a quitté Lille pour tenter l’aventure australienne à Brisbane, où il revit. L’ailier français était donc bien placé pour nous parler de l’Australie, premier adversaire des Bleus dans cette Coupe du monde 2018 samedi. Entretien.

C’est de l’autre bout de la planète qu’Éric Bauthéac a décroché son téléphone. Actuellement en pleine préparation d’avant-saison avec son club de Brisbane Roar, l’ex attaquant de l’OGC Nice a pris le temps, à quelques jours du France-Australie qui ouvrira samedi (à 12H sur TF1) le Mondial des Bleus, de nous parler du football australien, qu’il découvre avec ravissement depuis le mois d’octobre dernier. Sans oublier d’avoir un mot pour son précédent club, le LOSC, qu’il a quitté juste avant qu’il n’entame sa descente aux enfers.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée en Australie ?
C’est un football très différent de celui que l'on pratique en France. Il s’apparente un peu au football anglais : il y a beaucoup plus d’espaces, c’est plus physique, et les matchs sont plus ouverts. Ça m’a étonné au début mais, franchement, pour un milieu offensif comme moi, c’est un régal.

À quoi correspond le niveau du Championnat australien ?
C’est difficile de faire une comparaison parce qu’il est vraiment très différent du Championnat de France. Il y a de très bons joueurs ici. Je dirais qu’il y a quatre ou cinq équipes, au-dessus de la mienne, qui se maintiendraient tranquillement en Ligue 1. Après, le reste, je ne peux pas dire. Parce que ce n’est pas du tout le même jeu qu’en Ligue 2, par exemple. Disons que ces équipes se situeraient entre la Ligue 1 et la Ligue 2, mais avec un football différent.



"Ça ressemble plus au football anglais pratiqué en Premier League", E. Bauthéac, joueur à Brisbane



Comment définiriez-vous le style de jeu australien ?

Contrairement à ce qu’on dit parfois, ce n’est pas du kick and rush, ça ne balance pas du tout de longs ballons devant. Ça ressemble plus au football anglais pratiqué en Premier League. Les terrains sont tous des billards alors forcément, ça essaye de jouer au sol. C’est surtout de l’attaque-défense, le ballon va d’un but à un autre. Et clairement, les équipes sont bien plus préoccupées par l’attaque que par la défense... Du coup, ça donne des matchs souvent spectaculaires, avec beaucoup de buts.

Sentez-vous un engouement particulier en Australie autour de la Coupe du monde ?
Oui, carrément ! En fait, les Australiens sont très sportifs, mais ils aiment le sport en général, pas juste le foot ou le rugby. Déjà, ici, le foot n’est pas le sport n°1. En revanche, au moindre événement sportif, absolument tous les Australiens sont derrière leur équipe, encore plus s'il s'agit de l’équipe nationale. Peu importe la discipline, ils sont vraiment tous à fond !

Est-ce que des footballeurs internationaux australiens sont considérés comme des stars là-bas ?
Bien sûr. Tim Cahill est une très grosse star, parce qu’il a fait une super carrière (il est notamment passé par Everton de 2004 à 2012). Et plus largement, tous les sportifs de haut niveau sont très, très respectés ici.

Que pensez-vous de la sélection australienne ?
Je l’ai seulement vue jouer à la télé, pas au stade. Mais je dirais que c’est une équipe généreuse, qui ne lâche rien, jamais. Elle essaie de jouer un football offensif mais, parfois, la technique fait défaut à ses joueurs. On est très loin de la qualité technique qu’on voit en équipe de France. Sur ce plan-là, ce sera dangereux pour eux contre les Bleus. Mais ils s’accrocheront jusqu’au bout, ça, j’en suis sûr.


L’équipe de France risque-t-elle de galérer contre cette Australie ?

Je ne pense pas... La seule chose qui peut faire galérer les Bleus, c’est qu'il s'agit d'un premier match de Coupe du monde. Ce n’est jamais évident, il y a pas mal de pression, et on ne sait pas s’ils seront au top de suite. La chance de l’Australie, c’est vraiment de jouer la France d’entrée. Mais bon, aujourd’hui, je ne vois pas du tout les Australiens s’imposer. La différence de niveau est trop importante. En revanche, l’Australie est tout à fait capable de battre une équipe comme le Danemark.

Est-ce que vos coéquipiers australiens de Brisbane vous parlent de ce match ?
Oui, on en parle beaucoup entre nous. D’ailleurs on a prévu de le regarder tous ensemble, comme ça on va pouvoir se charrier un peu. On devrait bien rigoler. Enfin j’espère !

Pour finir, un petit mot sur le LOSC, que vous avez quitté en octobre dernier : quel regard avez-vous porté sur la suite de la saison ?
Je suis quand même content pour les supporters que le club soit resté en Ligue 1. Vraiment, ces supporters le méritent, ce sont des gens bien. Après, le club a tellement changé depuis que je suis arrivé (en 2015, ndlr) que je ne le reconnais plus. Il n’y a plus du tout les mêmes têtes. Les dirigeants, les entraîneurs, les joueurs... Tout a changé. Ça part un peu dans tous les sens. Le seul point positif, vraiment, c’est le maintien.

Aviez-vous imaginé en début de saison que la situation serait si compliquée ?

C’était prévisible, oui. Dès le départ, tous les trentenaires de l’effectif ont été mis à l’écart, pour que Marcelo Bielsa puisse manager son équipe de jeunes avec seulement des étrangers. Nous, dans notre "loft", on s’est tout de suite dit que ce serait impossible que ça marche. Aucun de ces joueurs ne connaissait le Championnat français, qui est très dur. Il n’y avait aucune expérience dans cette équipe. Alors que, justement, quand tu as des jeunes joueurs comme ça qui viennent de débarquer, il faut des mecs expérimentés pour les encadrer. Le problème, c’est qu’il n’y avait personne pour ça.

en savoir plus : Coupe du Monde 2018 : France - Australie, Equipe d'Australie de Football, Equipe de France de Football

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