De Maubeuge au Mondial russe, l'ascension fulgurante de Benjamin Pavard

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A 22 ans, Benjamin Pavard a surpris son monde samedi face à l'Argentine (4-3) en inscrivant une superbe frappe du droit, permettant l'égalisation française à 2-2. Titulaire à droite de la défense au détriment de Sidibé, le natif de Maubeuge a connu un parcours atypique.


Pour Benjamin Pavard, le conte de fées est total. Appelé pour la première fois en Bleu le 2 novembre 2017 dans l'anonymat complet, le défenseur de Stuttgart s'est très rapidement fait un nom en équipe de France, au point de débuter le Mondial dans la peau d'un titulaire, au détriment de Djibril Sidibé, pourtant bien placé pour démarrer dans le onze de Deschamps. Reconnu pour son sens du placement et ses qualités défensives, Pavard a montré une nouvelle facette de son talent samedi face à l'Argentine en huitième de finale de la compétition.

Servi par Lucas Hernandez à 20 mètres du but, sur l'aile droite, le joueur de 22 ans a décoché une frappe lumineuse de l'extérieur du droit qui a fini sa course dans la lucarne droite d'Armani, impuissant. Interrogé dans Téléfoot ce dimanche sur son but, Pavard n'en revient toujours pas : "J’ai même pas dormi une minute, je suis encore sur un petit nuage. Marquer en Coupe du monde c’est énorme, je ne réalise pas encore. Je regarde en boucle les images de mon but, en plus c’est celui qui permet d’égaliser. On a montré qu’on était une grande équipe."VIDÉO - Séquence émotion quand Pavard pleure dans Téléfoot

Éxilé à 20 ans

Dès ses débuts en Ligue 1, en janvier 2015, le joueur montrait une maturité impressionnante. "Il avait beaucoup d’aplomb, de caractère, de personnalité. Il tentait des choses difficiles. Ça pouvait passer pour de la suffisance vu de l’extérieur. Mais il était mature, réservé, à l’écoute" se souvient celui qui l'a lancé en professionnel, René Girard, interrogé dans Libération. Après une seule saison en Ligue 1, Pavard quitte la France à seulement 20 ans. Acheté cinq millions d'euros par Stuttgart, ce changement radical a été difficile à digérer dans un premier temps : "Pas facile de quitter ses parents, il faut se débrouiller seul pour tout et il y a la langue. J’ai quitté Lille avec l’habitude de ne pas me livrer à fond durant les entraînements."

A Stuttgart, Pavard a appris à être intraitable défensivement, notamment grâce à son coach Hannes Wolf : "J’ai fait l’apprentissage de la rigueur : 'Tu es une machine, tu dois tout donner chaque minute qui passe, il y en a d’autres pour prendre ta place.' Il m’a aussi appris à éliminer les gestes qui ne servent à rien, pour ne pas mettre l’équipe en danger." Une consigne qu'il a également appliqué en équipe de France, pour le plus grand bonheur de Didier Deschamps.

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