Équipe de France : Guy Stephan, l’homme qui murmure à l’oreille de Didier Deschamps

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Guy Stephan Didier Deschamps
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-02T16:55:35.087Z, mis à jour 2018-07-02T16:55:36.445Z

Plus que son adjoint, Guy Stephan est l’éminence grise et l’homme de confiance du sélectionneur, Didier Deschamps. Dans l’ombre, le Breton abat un travail fondamental pour la vie du groupe France.

En mai 2016 est sortie la bande dessinée Deschamps 1er, roi des Bleus, signée du dessinateur Faro, assisté par plusieurs journalistes de L’Équipe. Dans ce livre dévoilant les coulisses du travail du sélectionneur, on pouvait voir Guy Stephan, l’adjoint, dicter à Didier Deschamps tout ce qu’il devait dire à ses joueurs pendant une causerie ou aux journalistes avant une conférence de presse. Est-ce réaliste ? "Oui, il m’arrive de lui glisser quelques idées, pour l’aider", nous avait-il répondu, un brin embarrassé, lors de l'entretien qu'il nous avait accordé juste avant l’Euro. Ce lundi, une fois n’est pas coutume, c’est l’homme de l’ombre qui était convoqué devant les médias, à Istra, pour évoquer son rôle, à quatre jours du quart de finale France-Uruguay.

"La principale qualité d’un adjoint, c’est d’être capable de répondre à toutes les questions que l’entraîneur lui pose et de lui donner les éléments dont il dispose sur les joueurs, dans l’intérêt de l’équipe", a-t-il ainsi décrit, reconnaissant au passage qu’il s’autorise à garder certaines choses pour lui : "Il y a des choses qui doivent rester entre moi et certains joueurs. Je tiens au lien de confiance entre nous, ils ont parfois besoin de s’épancher auprès de quelqu’un qui les impressionne moins."

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Neuf ans qu'ils ne se quittent plus

Durant les séances d’entraînement, Guy Stephan est celui qui dispose les plots, détaille aux joueurs le contenu des exercices, et hurle ensuite quand les consignes ne sont pas parfaitement suivies, tandis que Didier Deschamps reste en retrait, mutique. Mais il y a aussi tout ce que l’on ne voit pas. "Des heures et des heures de réunion pour aménager le camp de base, fixer l’emploi du temps qui mettra les garçons dans les meilleures conditions, préparer les entraînements, superviser les séances vidéos où la performance de chaque joueur est analysée", détaille-t-il. Sans préciser que, souvent, c'est lui qui décide des grandes lignes à suivre, du contenu des séances.

Sur les circonstances de sa rencontre avec Didier Deschamps, Gui Stephan nous avait confié, en 2016 : "C’était pendant l’Euro 2000. Lui était capitaine et moi je faisais partie du staff de Roger Lemerre. On a fait connaissance là. Mais on ne pouvait pas imaginer que je deviendrais son adjoint. Nous n’avions pas de rapports privilégiés à l’époque. Ensuite, on s’est perdus de vue et on s’est retrouvés en 2007, à Canal+, où nous étions tous les deux consultants. Au cours d’une réunion, on a discuté et là, il m’a demandé si ça m’intéresserait de travailler avec lui quand il retrouverait un club. J’ai dit ‘OK’ et, début 2009, il m’a prévenu qu’il y aurait une opportunité à Marseille en fin de saison... C’était il y a sept ans (neuf aujourd’hui) et on ne s’est plus quittés depuis."

"Didier Deschamps me doit le respect"

Sur la nature de leur relation : "Notre complicité s'est bâtie au fil du temps. Et surtout au fil des épreuves, qui nous ont soudés. Les deux premières saisons à l’OM avaient été fantastiques, mais la troisième a été beaucoup plus compliquée. On s’est rapprochés à ce moment-là. Après, nous sommes complémentaires. Et puis, je suis plus âgé que lui, de douze ans. Il me doit le respect (rires)." 

Aujourd’hui, beaucoup considèrent que la succession de Didier Deschamps reviendra à coup sûr à Zinedine Zidane. Mais c’est oublier un peu vite que de nombreux adjoints ont ensuite été promus n°1, comme Aimé Jacquet ou Roger Lemerre. Guy Stephan y aspire-t-il lui aussi ? "Non... Ce sera Zizou un jour, répondait-il dès 2016. Quand, je ne sais pas. Mais sincèrement, si être n°1 m’avait intéressé, je l’aurais déjà fait. Pas en équipe de France évidemment, je veux dire que je n’aurais pas continué. J’en aurais eu la possibilité. Là, je suis à un poste où j’exerce au très haut niveau. Et je suis très bien dans ma fonction." Il est vrai que l’ombre a quelque chose de rafraîchissant.