"Fais-le pour cette petite fille qui a eu ce rêve" : l'incroyable histoire de la photo de Cuthbert

COUPE DU MONDE 2019 - Auteure de son premier but en Coupe du monde, Erin Cuthbert a sorti une photo d'elle pour célébrer ce moment important. Voici l'histoire dans l'histoire de ce moment fort.

La Coupe du monde regorge de belles histoires. Celle d'Erin Cuthbert en fait indéniablement partie. Auteure de son premier but en Coupe du monde lors de l’incroyable et déchirant nul de l'Ecosse face à l'Argentine (3-3), mercredi soir au Parc des Princes, l'attaquante de Chelsea s'est aussi signalée pour sa célébration.

Après avoir fêté le but avec ses coéquipières, l’Écossaise a en effet sorti une photo de son protège-tibia gauche, l'a fortement embrassée, avant de la ranger avec précaution. Pas forcément visible depuis une caméra positionnée en tribune, le cliché était une photo d'elle toute jeune. Une photo prise il y a bien longtemps, devant Ibrox Park, l'antre des Rangers, avec un ballon dans les mains. La photographie d'une amoureuse du ballon rond. La photographie d'une mordue de football qui a réalisé son rêve.

Une histoire de famille et une photo de la taille d'une carte bancaire

Quelle est la petite histoire derrière ce geste préparé ? Elle vaut le coup d'être lue et appréciée. Cette photographie est un cas d'introspection. Elle a été donnée à Cuthbert juste avant son départ au Mondial par son père, Steve. Un homme, d'originaire nord-irlandaise, qui se laisse peu emporter les émotions, dixit Cuthbert. Au point même de paraître insensible. Mais un homme qui a compris l'extrême difficulté pour sa fille de partir de chez elle si jeune, pour réaliser une aventure hors du commun, celle d'être une footballeuse professionnelle.

Dans sa chronique pour la BBC, la jeune attaquante a raconté la fameuse scène, survenue quelques jours après son premier but en sélection face à la Jamaïque. Alors qu'elle s'apprêtait à partir au rassemblent de la sélection d'Ecosse, la jeune internationale a eu droit à une séquence émotion avec son paternel, avec qui la relation est très forte et qu'elle a toujours décrit comme son "supporter n°1, dont elle se souviendra toute sa vie.

"Mon père était en train de m'aider à charger les valises dans la voiture et je commençais déjà à me sentir triste de partir. Il m'a dit : 'Ne pars pas sans dire au revoir', avant de disparaître dans la maison, une façon de faire que j'ai trouvée étrange. Puis il est revenu avec cette photo, qui a avait la taille d'une carte bancaire. C'était une photo de moi quand j'étais petite avec un jogging des Rangers", a-t-elle décrit.

"Fais-le pour cette petite fille qui a eu ce rêve"

Avant d'ajouter. "Mon père m'a ensuite dit. 'Je sais que tu dis souvent que tu fais tout ça pour nous. Mais tu dois le faire pour toi.' Derrière la photo, il a marqué ceci : "Fais-le pour cette petite fille qui a eu ce rêve, qui a cru et cru en ce rêve, avant qu'il devienne réalité. Sur la photo il y avait des O et de X (ce qui correspond à des bises). Mon mère ne m'avais jamais fait de bises dans un texto de toute ma vie !"

Le meilleur a été pour la fin. "Je pourrais vous raconter que l'émotion s'est emparée de lui, on s'est d'ailleurs pris dans les bras sur le chemin. On a essayé de ne pas exploser, jusqu'à que je le quitte", a-t-elle poursuivi. C'est là que je me suis effondrée. J'ai énormément pleuré (elle utilise même le mot bawling, qui est désigne quelque chose de plus fort, ndlr) sur le chemin du rassemblement. J'étais dans un drôle d'état. Mais je me suis souvenue que la prochaine fois qu'il verrait sa petite fille joueur au football, ce serait pendant la Coupe du monde."

Mercredi soir au Parc des Princes, Erin Cuthbert a marqué son deuxième but en sélection d'Ecosse, mais le tout en premier en Coupe du monde. Un but qui ne ressemble forcément à aucun autre. Le but d'une vie. A la 69e minute, la joueuse de 20 ans ne le savait pas encore, mais l'Argentine s'apprêtait à réussir une incroyable remontée de 3-0 à 3-3. Magie, folie, émotions, tristesse, l'Ecosse et sa n°22 ont vécu une soirée comme seul le football peut en apporter. Une soirée qui avait le goût d'une tragédie. Fin malheureuse ou non, l'histoire de Cuthbert s'est rangée dans le livre d'or de cette Coupe du monde 2019. Mais s'il y a une morale à tirer de cette histoire, c'est qu'il faut toujours croire en ses rêves.

Alexandre Coiquil

Crédits photo : BBC / Erin Cuthbert



Vidéos associées

News associées