Henry en patronne, le roc Mbock, 4-4-2 défaillant : ce qu'il faut retenir de France-Brésil

COUPE DU MONDE - Voici ce qu'il faut retenir de la victoire de l'équipe de France face au Brésil en huitième de finale (2-1 a.p).

Le jeu

Réclamé après le premier tour, le changement de système n’a pas spécialement convenu aux Bleues. Corinne Diacre a donc tenté d’innover pour le match le plus piège de ce Mondial en délaissant son 4-2-3-1 plein de stabilité, mais prévisible, pour un 4-4-2 voulu plus mobile et rapide. Si la recette a fonctionné pendant 23 minutes, jusqu’au but refusé de Valérie Gauvin, le reste de la rencontre n’a pas donné raison aux Bleues.

Les Françaises ont tangué pour construire proprement le jeu jusqu’à l’entrée de Gaëtane Thiney. Laissée sur le banc au coup d’envoi, la joueuse de 33 ans n’a donné sa pleine mesure qu’en prolongation, mais elle a permis à la France de retrouver son schéma préférentiel : pivot, décalage côté. Il faut croire qu’on ne change pas une équipe en claquant des doigts.

Le 4-4-2 a d’ailleurs déstabilisé l’équilibre défensif de cette équipe. Et le Brésil, pas toujours réglé au niveau des transitions milieu-attaque, n’a pas assez profité du mauvais alignement non pas chronique, mais constant de la ligne des quatre des Bleues. Marion Torrent et Amel Majri ont d’ailleurs plongé physiquement en fin de rencontre. C’est sur le côté de la Montpelliéraine que le danger est venu avec Debinha. La n°9 aurait dû punir les Bleues de leurs replis défensif parfois laxistes.

Les joueuses

On a aimé

Le match de Kadidiatou Diani. Polyvalente, technique, rapide, souvent insaisissable, la joueuse du PSG a été l'électron libre qui a fait beaucoup de mal aux Brésiliennes sur la pelouse du Havre. Sa force de percution a d'ailleurs fait extrêmement mal aux joueuses de la Seleção.

Le match de Griedge Mbock. Vraie patronne de la défense, la Lyonnaise a tenu la baraque sur la pelouse du Havre. Son sauvetage à la 105e minute a été le tournant du match.

Le match de Sarah Bouhaddi. Longtemps décriée pour son niveau inégal, la gardienne de l'OL vit sa plénitude lors de ce Mondial. La joueuse de 32 ans s'est muée en Manuel Neuer pour sa lecture du jeu impeccable, en Marc-André ter Stegen pour son jeu au pied d'une précision unique et en Jan Oblak pour ses interventions pleines de sûreté.

Amandine Henry. La capitaine des Bleues a haussé son niveau par rapport au premier tour, avant de délivrer son équipe pendant la prolongation. C'est un but qui peut faire énormément de bien psychologiquement.

On n'a pas aimé

Les prestations de Wendie Renard et Eugenie Le Sommer. Loin d'être aérienne, la défenseure a fait le boulot, mais plus le match a avancé, plus les jambes ont semblé lourdes. Pour Le Sommer, le passage en 4-4-2 l'a perdu et il fallu attendre la fin de match pour revoir sa complicité avec Amel Majri.

Corinne Diacre tient à l'équilibre de son groupe entre les jeunes et les cadres. Mais plus de jeunesse et de fraîcheur ne serait-il la solution pour les Bleues dans ce Mondial ? Si les cadres ont du mal physiquement, il y a des joueuses qui sont en mesure de prendre le relais.

Le passage en 4-4-2. Les Bleues n'ont pas réussi à répéter leurs schémas de construction avec ce système. Il faut évoluer, pas faire la révolution.

Elles / ils ont dit

Corinne Diacre, sélectionneur de l'équipe de France

"C'était tendu, très très tendu. Mais face à un bel adversaire, on a tout donné, on n'a rien lâché. On les a eu un tout petit peu à l'usure aussi."

"C'est bien, voilà. On a eu la qualification pour les quarts et c'est ce qu'on voulait. Je pense que cela va nous servir pour la suite et que ça va nous débrider."

Les chiffres de France-Brésil :

3 - C’est la troisième fois de rang que la France atteint les quarts de finale de la Coupe du monde après 2011 et 2015.

15 / 12 - C'est le nombre de Tirs de la France (15) et du Brésil (12). Pour un match qui a semblé fermé, ce n'est pas si mal.

32 - Les Bleues aiment les centres et cela s'est encore vérifié face au Brésil. Mais

23 - C'est le nombre de fautes des Brésiliennes qui ont tenté le pari de l'impact physique et cela a marché.

33 - C'est l'âge de Marta. Verra-t-on la n°10 brésilienne tenter à nouveau le pari de gagner la Coupe du monde ?

Alexandre Coiquil

Vidéos associées

News associées