Le Japon n’a-t-il vraiment "aucune chance", comme le pense son ancien sélectionneur Philippe Troussier ?

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Les Blue Samouraï du Japon
Par La rédaction|Ecrit pour TF1|2018-06-19T05:30:37.141Z, mis à jour 2018-06-19T05:30:37.141Z

Marqués par un changement de sélectionneur à deux mois de la Coupe du monde, les Nippons apparaissent fébriles avant leur premier match face à la Colombie ce mardi 19 juin.

Eux aussi fêtent un anniversaire. En 1998, les Japonais jouaient leur première Coupe du monde. Vingt plus tard, les voilà prêts pour aller plus loin que les huitièmes de finale, stade qu’ils ont atteint en 2002 et 2010. Mais leur arrivée en Russie ne s’est pas faite sans psychodrame. A deux mois du Mondial, la Fédération japonaise a pris la décision de se séparer de son sélectionneur Vahid Halilhodzic. Un divorce qui a fait grand bruit dans un pays où tout semble toujours réglé comme du papier à musique.

"Les joueurs dans leur ensemble ont perdu confiance en lui, le management ne correspondait plus, il y avait un problème de communication", a avancé le président de la JFA, cité par l’ancien adjoint de Halilhodzic auprès de l’AFP. Un "choc culturel" en somme que les instances japonaises ont choisi de gommer en nommant Akira Nishino, directeur technique de la fédération japonaise, à la tête des Samouraïs Bleus. Son expérience en Coupe du monde ne parle pas franchement pour lui. Quatre petits matches de qualification en tant que joueur en 1977. Et puis c’est tout.

Deux défaites lors des matches amicaux de préparation

De quoi surprendre l’un de ses prédécesseurs, Philippe Troussier. "On savait que la fédération était mécontente, alors peut-être qu'ils ont préféré prendre les choses en main avant le Mondial plutôt que d'attendre le premier match pour aller dans le mur", a commenté le Français. "Même avec José Mourinho ou Arsène Wenger, ce serait difficile pour le Japon d'atteindre les huitièmes de finale", a-t-il poursuivi, avant d’affirmer que les Nippons n’avaient "aucune chance sur le papier". "La Colombie et le Sénégal ont trois, quatre, cinq joueurs qui peuvent faire la différence. Ça va être très difficile pour le Japon", a-t-il martelté auprès de l’AFP la semaine dernière.

61e au classement FIFA, le Japon est en effet loin derrière ses adversaires du groupe H, le Sénégal (27e), la Colombie (16e) et la Pologne (8e). Pour ses deux premiers matches à la tête de la sélection, Akira Nishino est reparti avec deux défaites face au Ghana (0-2, le 30 mai) et la Suisse (0-2, le 8 juin). Le dernier amical de préparation s’est heureusement soldé par une victoire contre le Paraguay (4-2, le 12 juin). Le coup d’accélérateur dont le Japon avait besoin ? Philippe Troussier s’est même montré plus tendre envers l’équipe.

Le Marseillais Hiroki Sakai à surveiller

"Je pense que Nishino est le meilleur choix pour avoir une nouvelle communication avec les joueurs, en particulier avec ceux qui étaient supposés ne pas être retenus. Il a organisé le groupe avec le même langage culturel et cela pourrait être un avantage", a-t-il déclaré à Reuters. Le Japon peut également compter sur de belles individualités, comme le Marseillais Hiroki Sakai et le défenseur de Southampton Maya Yoshida.

"Avec un peu de chance et des décisions arbitrales favorables… (…). C’est l’histoire des coupes et parfois on peut être surpris", estime encore Philippe Troussier auprès de l’AFP. Le début de la compétition, marqué par le match nul du Brésil face à la Suisse et la victoire du Mexique sur le tenant du titre allemand, lui donne déjà raison. Ah, cette fameuse magie de la Coupe du monde…

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