John Obi Mikel a joué Nigeria-Argentine juste après avoir appris le kidnapping de son père !

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Obi Mikel
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-03T20:30:17.752Z, mis à jour 2018-07-03T20:31:37.296Z

Capitaine de l’équipe du Nigeria, John Obi Mikel a reçu un appel terrifiant quelques minutes avant le coup d’envoi du match crucial contre l’Argentine, finalement perdu 1-2 le 26 juin. Il raconte aujourd'hui.

On décrit parfois, de façon métaphorique, un match couperet comme une question de vie ou de mort. Mais nul doute que John Obi Mikel, capitaine du Nigeria dans cette Coupe du monde, a, lui, relativisé l’élimination des Super Eagles au premier tour, après leur défaite, dans l’ultime match du groupe D, et dans les tous derniers instants de la rencontre, contre l’Argentine (1-2). Après avoir gardé le silence durant une semaine, le milieu de terrain révèle en effet, ce mardi dans <em>The Guardian</em>, les circonstances (réellement) dramatiques dans lesquelles il a disputé ce match.

Tout est parti d’un coup de téléphone, reçu seulement quelques minutes avant le coup d’envoi. Au bout du fil, un membre de sa famille lui apprend que son père vient d’être enlevé, et que les ravisseurs lui réclament 10 millions de nairas (24.000 euros). "J’étais complètement affolé et, très vite, je devais savoir si j’étais mentalement prêt à jouer. J’étais confus. Je ne savais pas quoi faire mais, au final, je ne pouvais pas laisser tomber 180 millions de Nigérians", confie-t-il.

"Je ne voulais pas en discuter avec l’entraîneur, pour ne pas le distraire"

Selon la famille Obi Mikel, le père de John a été torturé pendant plusieurs jours. Selon la police, il n’a pas subi de violences. Une certitude : le joueur a payé la rançon pour qu'il soit relâché. "On m’a dit qu’ils tireraient aussitôt sur mon père si je rapportais la nouvelle aux autorités, ou si je le disais à quelqu’un. Je ne voulais pas non plus en discuter avec l’entraîneur, pour ne pas le distraire, lui ou le reste de l’équipe, le jour d’un match aussi important", raconte-t-il encore. 

Finalement, John Obi Mikel a disputé l’intégralité des 90 minutes. "J’ai joué pendant que mon père était aux mains de ces bandits. J’ai dû mettre de côté le traumatisme", dit enfin celui dont le père avait déjà été enlevé au Nigeria en 2011. Et qui, ce mardi 26 juin 2018, a dû vivre l’élimination, donc la perspective de rentrer au pays dans la foulée, comme une forme de soulagement.

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