Belgique : Thierry Henry est beaucoup plus qu’un simple adjoint

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Henry et Martinez - Belgique
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-10T17:49:31.300Z, mis à jour 2018-07-10T17:49:33.769Z

Thierry Henry est adjoint du sélectionneur de la Belgique, Roberto Martinez. Alors qu’il croisera pour la première fois, mardi en demi-finales de la Coupe du monde 2018, la route de l’équipe de France en tant qu’adversaire, focus sur son importante influence dans le parcours des Diables Rouges.

Le 2 juillet dernier a été le soir d’un spectacle d’une grande rareté, l’équivalent footballistique d’une éclipse totale de lune : Thierry Henry a souri ! La Belgique, dont il est membre du staff technique en tant qu’adjoint du sélectionneur Roberto Martinez, venait de renverser la table contre le Japon (victoire 3-2, après avoir été menée 0-2 à l’heure de jeu), et le meilleur buteur de l’histoire des Bleus s’est départi de son sempiternel stoïcisme. Nul doute qu’il le retrouvera mardi, à l’heure de retrouver l’équipe de France en demi-finales. Pour mieux cacher les émotions qui bouillonneront à l’intérieur. Cette réserve, l’ex-attaquant l’a d’ailleurs aussi concernant son travail.

Bien malin, en effet, celui qui pouvait un tant soit peu décrire le rôle exact de Thierry Henry au début de cette Coupe du monde. Heureusement, trois semaines plus tard, à mesure que les Diables Rouges parvenaient enfin à confirmer toutes les attentes placées en eux, les langues ont fini par se délier. On pensait que le Français, de par son passé, s’occupait exclusivement des attaquants. Mais non. "Il donne des conseils à tout le monde, et nous fait faire des exercices spécifiques, a confié Thomas Meunier. Surtout, il nous fait partager son expérience."

Un rôle... de source d’inspiration

Outre l’aspect purement technique, Thierry Henry tient aussi un rôle... de source d’inspiration pour les Belges, qui boivent les paroles d’un homme qui a beaucoup gagné, quand eux échouaient inéluctablement dès que le niveau s’élevait. On parle ici d’approche mentale, de détermination sans faille et de sang-froid à transmettre. On parle de la Belgique qui revient puis l’emporte contre le Japon en 8es de finale, ou de la Belgique qui résiste sans trembler aux poussées brésiliennes en quarts, tandis que l'adjoint s'agite et dispense des consignes le long de la ligne de touche.


Dans la bouche du sélectionneur, Roberto Martinez, jeudi dernier en conférence de presse, cela donnait : "Thierry nous a amené un élément important, l'expérience. Il sait ce que ressentent les joueurs, il connaît la pression pour remporter des matchs." Mais ce sont encore les joueurs qui parlent le mieux de ce travail aussi discret que fondamental. Axel Witsel, la semaine dernière en conférence de presse : "Lui sait comment gagner une Coupe du monde, alors on l’écoute. Il nous apporte cette mentalité de winner, de gagner chaque match."

Lukaku : "Depuis que nous travaillons ensemble, je suis devenu deux fois meilleur"

Romelu Lukaku, dans un texte publié fin juin sur le site The Players’ Tribune : "Depuis que nous travaillons étroitement ensemble, je pense que je suis devenu deux fois meilleur. C’était un processus difficile. Quand je m’entraînais avec Drogba, on était en compétition, c’était mon idole. Mais dans mon esprit, je me battais pour être meilleur parce que je voulais jouer. Avec Thierry, c’est différent parce que c’est mon entraîneur. On a des débats sur le football. Je regarde du football tout le temps et lui aussi. Il m’aide tellement avec tous les aspects du jeu : la compréhension du jeu, la technique, les frappes... Je lui dois beaucoup."


Mardi soir à Saint-Pétersbourg, on guettera forcément chacune de ses réactions. Chantera-t-il la Marseillaise ? Sur les buts de quelle équipe exultera-t-il ? Autant de questions qui prouvent, là encore, que son aura dépasse, de toute façon, celle du simple adjoint. Nouvelle preuve : Lucas Hernandez a été interrogé là-dessus, ce samedi à Istra. Réponse : "Henry, ça a été un très, très grand joueur, une icône du football. Mais si on gagne, je pense qu'il sera content. C'est avant tout un Français !" Et c’est peut-être bien la plus grande chance des Bleus.