L’heure de l’émancipation pour la charnière Umtiti-Varane

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Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-06-15T15:34:40.414Z, mis à jour 2018-06-19T17:36:26.758Z

Sur le papier, la défense centrale que forment Samuel Umtiti et Raphaël Varane est l'une des meilleures au monde. Sur le terrain, en revanche, leur association peine à rendre les Bleus sereins. La Coupe du monde qui débute doit leur servir à rectifier le tir.

"Même si, avec Sam’, on n’a pas beaucoup joué ensemble, je pense qu’on se connaît assez bien." Drôle de formule que celle employée par Raphaël Varane quand, en octobre 2017, on l’interrogeait, déjà, sur son éventuelle association dans la charnière de l’équipe de France avec Samuel Umtiti. Huit mois plus tard, tandis que le forfait de Laurent Koscielny pour la Coupe du monde a définitivement contraint Didier Deschamps à titulariser les deux hommes en défense centrale, et à la veille de l’entrée en lice de l’équipe de France samedi contre l’Australie (à 12h, match à suivre sur TF1), la situation n’a guère évolué. 

On ne sait toujours pas dans quelle mesure les deux défenseurs se connaissent, mais on sait qu'ils n’ont toujours pas "beaucoup joué ensemble". Six fois en tout et pour tout. Et les deux dernières, en 2018, n’ont pas été fameuses. Il y eut le naufrage contre la Colombie au Stade de France (2-3) le 23 mars. Puis le nul laborieux concédé aux États-Unis (1-1) le 9 juin, lors de l’ultime rencontre amicale de préparation. Deux matchs où, justement, la fébrilité de la charnière a coûté cher...

Comment expliquer cela, s’agissant d’un défenseur titulaire au FC Barcelone et d’un autre au Real Madrid ? Parce que, en équipe de France, il leur manque leur binôme habituel, Gerard Piqué pour l’un, Sergio Ramos pour l’autre ? Absolument pas, répondait Samuel Umtiti dans L’Équipe le 28 mai : "L’expérience qu’on a pu avoir avec ces grands défenseurs expérimentés, c’est ce qui nous a aidés à progresser. Et c’est justement ce qui va nous permettre d’être bons ensemble. Honnêtement, je ne me fais pas de souci à ce niveau-là. On est et on sera complémentaires."

"Pas d’inquiétude à avoir" 

Cet emploi du futur renvoie à la sempiternelle problématique des automatismes. Interrogé là-dessus en conférence de presse à Clairefontaine le 5 juin, Raphaël Varane a détaillé la chose : "En club, on nous demande de jouer, de défendre, de coulisser, de relancer d’une certaine façon. En sélection, c’est différent. Et c’est normal d’avoir besoin de plus de temps pour jouer ensemble sans même réfléchir, pour que l’un aille au soutien de l’autre sur les duels. On est en phase de préparation, de rodage. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Les choses suivent leur cours. À nous de beaucoup communiquer en dehors du terrain pour ne plus avoir à le faire en match."

Dit autrement : les erreurs commises contre la Colombie et les États-Unis doivent précisément servir à ce qu’elles ne soient pas reproduites durant le Mondial. Même s’il n’est pas exclu que certaines rencontres de la phase de groupes soient nécessaires à affiner des derniers réglages. Samuel Umtiti : "Parfois, on n’a pas le temps de se parler et de savoir comment l’autre joue ou perçoit certaines actions. Alors il faut du dialogue, et des matchs. On sait que notre mission sera très importante." En effet, respectivement âgés de 25 et 24 ans, Varane et Umtiti forment une charnière appelée à durer. Le début de cette Coupe du monde est donc aussi celui de leur histoire commune.