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La photo "polémique" entre Mohamed Salah et Ramzan Kadyrov, le dictateur Tchétchène

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Par Amandine REBOURG|Ecrit pour TF1|2018-06-12T17:49:40.825Z, mis à jour 2018-06-13T13:49:59.275Z

A quelques jours de l'entrée en lice de son équipe, en compétition, ça fait "un peu" mauvais genre. Le footballeur star de l'Egypte, Mohamed Salah, a posé en photo avec le dictateur Tchétchène, Ramzan Kadyrov.

On pourrait se demander ce qu'est venu faire Mohamed Salah dans cette galère mais il se pourrait aussi qu'il n'ait pas eu le choix. La star de Liverpool a été pris en photo à Grozny, main dans la main, avec ... Ramzan Kadyrov, le dictateur tchétchène que les ONG dénoncent régulièrement pour de très graves atteintes aux droits de l'Homme et aux libertés. La photo fait tant parler que The Sun, quotidien britannique a souligné "L'homme qui a tiré Salah de son sommeil est accusé de 'tortures et meurtres extrajudiciaires'". 

Le New York Times indique que la scène s'est déroulée dimanche dernier, lors du premier entrainement des Egyptiens à Grozny. Apparemment chafouin de ne pas avoir vu la star de Liverpool sur le terrain, Kadyrov est, lui-même allé chercher le joueur (qui était en train de faire la sieste, ndlr), en voiture, à son hôtel. On imagine que le Pharaon n'a pu refuser une telle invitation : il s'est donc plié aux désideratas du dictateur, en posant en photo avec lui. 

"Salah est l'un des meilleurs joueurs du monde"

Sur le cliché, on voit Mohamed Salah et Ramzan Kadyrov, tout sourire, dans un stade de Grozny, se tenant la main, en rigolant. Salah a salué les 8.000 spectateurs présents qui scandaient "Akhmat sila, Akhmat sila", en hommage au père de Kadyrov, le président pro-russe de la Tchétchénie et ancien mufti de la république caucasienne assassiné par les rebelles séparatistes en 2004. En survêtement turquoise et blanc, Kadyrov s'est offert un tour d'honneur avec le joueur et n'a pas boudé son plaisir. "Salah est l'un des meilleurs joueurs du monde (...). Nous sommes heureux d'accueillir la sélection égyptienne", a déclaré à l'AFP celui qui dirige cette république à majorité musulmane depuis 2007 avec le soutien de Poutine.


L'équipe égyptienne a choisi d'établir son camp de base dans la capitale tchétchène, pays à forte majorité musulmane, et ce choix n'a pas été fait au hasard. Officiellement, l'équipe a voulu rester dans l'ombre, loin du public, des caméras et des médias pour ne pas perturber la quiétude de Pharaons qui ne s'étaient plus qualifiés depuis 28 ans. Mais il y aurait une autre raison, comme l'indique le directeur du tout nouvel hôtel The Local, Tajeddine Soultane, auprès de l'AFP : "l'Egypte a préféré cette ville car il s'agit d'un pays conservateur, où on ne veille pas, où on ne trouve pas de discothèques. Aussi, la nourriture halal  est très importante". 


De leur côté, les ONG voient rouge. Le directeur d'Human Right Watch Europe, Andrew Stroehlein, a fait part de son indignation sur Twitter. 


"La star du football Mohamed Salah en compagnie du dirigeant de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, connu pour sa torture et ses exécutions extra-judiciaires. La Coupe du monde n'a même pas encore commencé qu'elle est déjà utilisée pour renforcer les criminels les plus vils", a-t-il écrit.