Des buts et du caractère, l'Espagne a (presque) digéré sa crise

Voir le site Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
Par Yohan ROBLIN|Ecrit pour TF1|2018-06-15T22:15:40.149Z, mis à jour 2018-06-15T23:06:21.378Z

Pour son entrée en lice, l'Espagne a été accrochée par le Portugal de Cristiano Ronaldo (3-3) au terme d'une rencontre au niveau incroyablement élevé. Deux jours après avoir piqué sa crise, avec le licenciement de Julen Lopetegui, la Roja n'a pas flanché, toujours aussi sûre de sa force.

On prédisait le pire à l'Espagne. Il y a deux jours, le limogeage précipité de Julen Lopetegui, mis à la porte après l'annonce de sa signature au Real Madrid, a plongé la Roja au cœur d'une improbable crise. Jamais, dans l'histoire de la Coupe du monde, une équipe n'avait changé de sélectionneur à 48 heures de son entrée en lice dans la compétition. Ce vendredi 15 juin, les hommes de Fernando Hierro, l'ex-directeur sportif de la Roja nommé dans l'urgence, ont dissipé - presque - tous les doutes dès le premier choc du tournoi face au Portugal (3-3) à Sotchi. 

Des buts et du beau jeu

Sur les rives de la mer Noire, l'Espagne dont on dit qu'elle traverse une crise depuis mercredi a bien connu quelques trous d'air. À l'image de Nacho Fernandez, coupable d'une faute payée à grand frais par l'ouverture du score de CR7 sur penalty (4e). Idem pour David De Gea, auteur d'une terrible faute de main sur la frappe sèche du Portugais depuis l'extérieur de la surface (44e). Bousculés, les coéquipiers de Sergio Ramos n'ont jamais gambergé. Ils ne se sont pas désunis et n'ont rien lâchés, sûrs de leur force. Portée par cet esprit de révolte, la sélection espagnole a retrouvé par moments de la fluidité dans son jeu, marque de fabrique de Julen Lopetegui. 


>>> Le film du match Portugal-Espagne (3-3)

La Roja, le moral regonflé après la pause, a cru avoir fait le plus dur en passant devant son voisin ibérique sur une sublime demi-volée de Nacho Fernandez (58e), dans la foulée du doublé de Diego Costa (24e et 55e), buteur sur ses deux premières frappes cadrées dans le tournoi. Mais lorsqu'on l'a pensé à l'abri, elle a finalement manqué de plier l'affaire, offrant à Cristiano Ronaldo une occasion inespérée de faire à nouveau trembler les filets. À deux minutes de la fin du temps réglementaire, le quintuple Ballon d'Or a expédié un coup franc en pleine lucarne de De Gea, impuissant, pour arracher le nul (3-3). Son 84e but en sélection, autant que le Hongrois Ferenc Puskas. 

Hierro "fier de ce qu'on fait les joueurs"

Pour sa première sur le banc de la Roja, Fernando Hierro a souligné le caractère de ses joueurs. "Il faut être fier de ce qu'on fait les joueurs dans un match à haute intensité. Nous avons démontré du caractère, de l'implication, de l'orgueil, de la personnalité. Nous avons une équipe mature, qui ne doute pas et sait ce qu'elle veut et comment elle veut jouer. Cela fait plaisir d'avoir de tels joueurs", a réagi le nouveau sélectionneur espagnol après la rencontre. "La situation n'était pas facile. Mais quand on a de tels joueurs, un tel groupe de collaborateurs, cela te simplifie la vie. On ne peut que dire merci en voyant des gens avec une telle implication et je me sens privilégié. La réaction de chacun a été fantastique et il faut les en remercier parce que les circonstances n'étaient pas faciles."

Au vu du scénario de ces trois derniers jours, l'Espagne le sait, elle revient de loin. 

en savoir plus : Equipe d'Espagne de Football, equipe de portugal de football