20 ans après la 3e place, la Croatie veut retrouver le goût de la gloire

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croatie subasic et akinfeev
Par Antoine RONDEL|Ecrit pour TF1|2018-07-07T06:00:43.405Z, mis à jour 2018-07-07T06:00:43.405Z

La Croatie, qui affronte la Russie en quart de finale de la Coupe du monde samedi 7 juillet à 20h, peut retrouver une demi-finale pour la deuxième fois de son histoire. Ce qui lui permettrait de briser une série de résultats décevants dans les tournois internationaux depuis la 3e place de 1998.

Elle avait bouleversé la planète foot en 1998. A la sortie d'un Euro correct, la Croatie avait intimidé l'Argentine de Batistuta et Ortega, maîtrisé la Roumanie de Hagi et atomisé l'Allemagne de Matthaüs, Klinsmann et Bierhoff. Et, si elle avait ensuite buté sur l'équipe de France, ce n'était pas sans lui avoir posé nombre de difficultés, au point que les Bleus avaient dû s'en remettre à un improbable doublé de Lilian Thuram pour répondre à Davor Suker, elle avait ensuite relevé la tête pour obtenir une superbe troisième place en battant les Pays-Bas. 

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De Prso à Modric, un irrémédiable plafond de verre

Depuis, plus rien, ou presque. Sur les 9 compétitions qui se sont déroulées dans l'intervalle du Mondial français et de son successeur russe, l'équipe au Damier en a loupé deux (Euro 2000 et Mondial 2010) et n'a trouvé la clé pour sortir du 1er tour qu'à deux reprises. Et encore, à chaque fois (Euro 2008 et 2016), c'était pour sortir du tournoi aussitôt après. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été servi en joueurs brillants. Aux Prosinecki et Suker qui avaient mené l'équipe de 1998 ont succédé les frères Kovac, Dado Prso au début des années 2000, puis des joueurs de la trempe d'Ivica Olic, Dario Srna, avant que les talentueux Modric et Rakitic, piliers respectifs du FC Barcelone et du Real Madrid depuis plusieurs années, ne prennent le pouvoir.

Ce talent, montré avec intermittence, aura fait merveille à la plupart des tournois où les Vatrani (les Flamboyant, ndlr) se présentaient. Exemple parfait au Mondial 2014 : Modric et compagnie mettent le feu au Brésil mais finissent par s'incliner 3-1 et être éliminés. Les Croates traînent également une réputation d'équipe de premier tour. La preuve en 2008 : les hommes de Slaven Bilic survolent leur groupe, battant au passage le favori allemand, mais échouent en quart de finale face à la surprenante Turquie aux tirs au but. Rebelote à l'Euro 2016 : le premier tour, terminé en battant le champion d'Europe en titre espagnol, est une formalité en même temps qu'une entreprise de séduction. Mais en huitièmes, la Croatie n'étourdit plus, Modric ne casse plus les lignes de ses passes, et les Croates sont éliminés par le Portugal au bout des prolongations et de l'ennui (1-0).

En manque de plan B

Ce plafond de verre a-t-il explosé avec la qualification de l'équipe pour les quarts ? En 2018, comme en 2008 et en 2016, la Croatie a dominé sa poule sans trembler, ridiculisant au passage une Argentine confondante de faiblesse. Le tout pour disputer contre le Danemark une bouillie de football pendant 115 minutes et s'en sortir aux tirs au but. Comme si, face à une équipe particulièrement défensive, elle perdait ses moyens et ne pouvait trouver de plan de substitution. Des difficultés qui n'empêchent pas le patron de la défense croate Dejan Lovren d'espérer : "Notre équipe actuelle est très forte, et nous avons une chance de dépasser la génération 1998."

Encore faudra-t-il surmonter l'obstacle russe, samedi 7 juillet à 20h (en direct sur TF1). Un obstacle qui, comme le Danemark, assume son tropisme ultra-défensif et qui, comme le Danemark au tour précédent et au Portugal en 2016, pourrait obliger les Croates à remiser leur jeu séduisant dans le cahier des espoirs. Et risquer de voir l'immense Luka Modric, 33 ans, quitter la sélection sans titre ni épopée marquante à mettre sur son CV international. Mais Ivan Perisic ne manque pas de raisons de se rassurer, en référence à la qualification contre le Danemark : "Avant, nous perdions ce genre de matchs". C'est sûr qu'il y a pire.

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