Le Brésil éliminé par la Belgique : autopsie du fiasco de la Seleção

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Hymne brésilien contre la Belgique
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-06T21:40:14.244Z, mis à jour 2018-07-06T21:45:55.744Z

Désigné plus gros favori de cette Coupe du monde 2018, le Brésil quitte la compétition dès les quarts de finale ce vendredi, après sa défaite (1-2) contre la Belgique. Analyse d’une défaite qui en dit long.

Il n’y a plus, ce vendredi soir, d’équipes sud-américaines dans cette Coupe du monde. C'est une surprise parce que, dans le dernier carré d’un Mondial, ce n’est que la cinquième fois de l’histoire que cela arrive (après 1934, 1966, 1982 et 2006), mais aussi au regard de l’impressionnant quatre sur cinq réalisé à l’issue du premier tour. Mais entre une Argentine on ne peut plus instable, une Colombie malheureuse aux tirs au but et des Uruguayens pris à leur propre jeu contre les Bleus, l’histoire n’est pas la même. Le Brésil, éliminé (1-2) par la Belgique ce vendredi soir, est aussi un cas à part. Décryptage, en cinq points, d’une sortie de route aussi spectaculaire que prévisible.

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Un jeu contre-nature

On a beaucoup complimenté cette Seleção, et plus particulièrement son sélectionneur Tite, pour sa solidité. Et, de fait, les Brésiliens présentaient la meilleure défense du tournoi au coup d’envoi de leur quart de finale. L’aboutissement d’une quête, censée atténuer le douloureux souvenir du 1-7 infligé par l’Allemagne en 2014. Résultat : c’est la force de frappe offensive de l’équipe qui a été sacrifiée dans cette démarche (on y reviendra), voire l’ADN même du futbol alegria, cette idée brésilienne du football. Laquelle, en 2018, n'a, pour le coup, plus rien de brésilien.

Neymar s’auto-caricature

Symbole parmi les symboles de cette faillite, l’attaquant star n’a jamais répondu aux attentes qui pesaient sur lui. D’abord parce qu’il a manqué d’efficacité, malgré de nombreux efforts. Mais surtout parce qu’à force de subir des fautes, il s’est enfermé dans une posture de victime qui a nui à la fois à son rendement personnel et à celui de son équipe. Démonstration par l'absurde : ce vendredi soir, on l’a ainsi vu s’écrouler tout seul dans la surface belge, puis demander à l’arbitre de ne pas recourir à la VAR... Parce que sa simulation lui aurait coûté un carton jaune, donc une suspension pour les demies.

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Gabriel Jesus ne marche pas sur l’eau

Il y a quatre ans, c’était l’avant-centre Fred qui avait polarisé presque l’ensemble des critiques. Alors cette année, le Brésil a abordé le tournoi avec deux n°9 de très haute volée, deux stars absolues de la Premier League : Gabriel Jesus et Roberto Firmino. Mais jamais dans ce Mondial Tite n’a daigné les associer dès le coup d’envoi d’une rencontre. Et comme choisir, c’est renoncer, il s’en est exclusivement remis, jusqu’aux quarts, à Gabriel Jesus. Qui n’a pas marqué le moindre but et a erré, tel une âme en peine, tout au long de la compétition. Comme Fred il y a quatre ans.

Casemiro suspendu

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux, ça veut dire beaucoup : si le Brésil, qui diffusait jusqu’à ce vendredi la sensation d’une inéluctable montée en puissance, s’est noyé face à la Belgique pile le soir où Casemiro était suspendu, ce n’est sans doute pas un hasard. La sentinelle du Real Madrid était le garant de l’équilibre de l’équipe toute entière, celui qui faisait le lien entre défense, milieu et attaque, qui impulsait les phases de transition. Oui, celles-là même dans lesquelles les Belges excellent, et qui ont fait si mal aux Brésiliens ce vendredi... Tite n'avait visiblement pas prévu de plan B digne de ce nom, vu la prestation complètement ratée de Fernandinho dans ce rôle.

Une nation qui rentre dans le rang

Si le 7-1 contre l’Allemagne en 2014 a été vécu comme un tel traumatisme par le peuple brésilien, c’est avant tout parce qu’il a acté une bonne fois pour toutes que le Brésil n’était plus le pays du football, en tout cas plus cette espèce d’idéal inaccessible qu’il a longtemps été pour les autres sélections. Un regard sur ses derniers parcours en Coupe du monde parle de lui-même : quart de finale en 2006, quart de finale en 2010, demi-finale (mais défaite 1-7 à domicile) en 2014, et donc quart de finale en 2018. Dans quatre ans, en 2022, cela fera vingt ans que la Seleção n’aura plus triomphé. Et même au nombre de demi-finales, sur les dix dernières éditions, l’Allemagne (6) et la France (5) font mieux que le Brésil (4). Cette élimination confirme donc simplement le sens de l’histoire.

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