L’Espagne éliminée en 8es : les cinq hommes à l’origine du fiasco

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De Gea Espagne Russie
Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-07-01T21:00:28.171Z, mis à jour 2018-07-01T21:20:10.043Z

Battue aux tirs au but par la Russie (1-1, 3-4) ce dimanche, l’Espagne quitte la Coupe du monde dès les 8es de finale. Une sortie de route prématurée, incarnée par cinq hommes.

Du Stade de France au Stade de France, on avait quitté l’Espagne sur une piteuse élimination en 8es de finale de l’Euro 2016 contre l'Italie (0-2) pour la retrouver un peu moins d’un an plus tard, en mars 2017, à l’occasion d’un match amical de gala contre les Bleus. La Roja avait alors littéralement marché (0-2) sur une équipe de France pourtant en pleine confiance, et on a bien eu l’impression d’assister à la renaissance de l’équipe qui avait marché sur toute l’Europe et le monde entier de 2008 à 2012. 

 À la veille de son 8e de finale face à la Russie ce dimanche, Dani Carjaval avait cru bon de rappeler que "l’Espagne est invaincue depuis deux ans, ce quoi doit être apprécié". L’ironie de l’histoire, c’est qu’elle le reste après son élimination aux tirs au but (1-1, 3-4) contre le pays hôte, considérée dans les registres comme un match nul. Si, en quatre matchs dans ce Mondial, la Roja n’a pas perdu, elle n’a en revanche gagné qu’une seule fois, de façon laborieuse, face à l’Iran (1-0), pour deux autres nuls, contre le Portugal (3-3) et le Maroc (2-2). Un bilan finalement catastrophique, dont cinq hommes sont directement responsables. 

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Luis Rubiales

Le président de la Fédération espagnole a précipité la sélection ibérique dans la crise en décidant de licencier sonsélectionneur, Julen Lopetegui, deux jours avant l’entrée en lice face aux Portugais. "Nous ne pouvions pas faire autrement", a argué le dirigeant, révélant qu’il n’était pas "au courant des négociations" entre Lopetegui et le Real Madrid, que le coach a choisi de rejoindre après la Coupe du monde. Il n’empêche : cette décision a créé un climat de chaos autour de l’équipe, et laissé les joueurs dans une autogestion qui a vite montré ses limites. De fait, le jeu collectif léché mis en place par Lopetegui n’a eu de cesse de s’éroder au fil des matchs dans ce Mondial russe. 

David De Gea 

La blague est instantanément devenue virale sur les réseaux sociaux : une petite vidéo montrant le gardien de Manchester United et de la sélection espagnole se saisir d’une bouteille d’eau qu’on lui envoie, accompagnée de la légende suivante : "La seule parade de De Gea dans ce Mondial." Mais le pire, c’est que ce n’est pas loin d’être vrai, puisque le portier star, censé être un des hommes forts de cette Roja, n’a effectivement réalisé qu’un seul arrêt dans le tournoi. Lors du 3e match, contre le Maroc. Avant cela, il a encaissé un but sur chaque frappe cadrée qu’il a vue arriver. Lors du premier match, c’est même un de ses bourdes qui a directement relancé le Portugal. 


En 8e face aux Russes, il a encaissé un but sur le seul tir cadré russe, et n’a pas touché une fois le ballon lors de la séance de tirs au but. Tout un symbole.

Gerard Piqué 

Devant le gardien, la charnière expérimentée formée par Sergio Ramos et Gerard Piqué, habituellement souveraine, a elle aussi failli. Mais les erreurs du Catalan ont coûté beaucoup plus cher que celles du Madrilène. Pour mémoire, la bascule est survenue dès la première rencontre. À la 85e minute, l’Espagne, menée deux fois au score, dont une juste avant la mi-temps (sur une bourde de son gardien), avait renversé la table pour mener 3-2, quand Piqué a commis une faute grossière devant sa surface sur Ronaldo. Lequel égalisera sur ce coup franc, renvoyant la Roja à ses doutes et sa fébrilité. Ce dimanche, rebelote : alors que son équipe se dirige vers la pause avec un avantage d’un but, le défenseur lève la main de façon incompréhensible et offre le penalty de l’égalisation aux Russes. On connaît la suite. 

Isco et David Silva 

Ces deux-là étaient les artificiers de Lopetegui, ceux qui dynamitaient les défenses adverses pour donner un sens aux longues séquences de conservation du ballon et au jeu de combinaisons prônés par le sélectionneur. Leur rendement avant la Coupe du monde parlait de lui-même : 9 buts et 2 passes décisives pour le joueur du Real Madrid (en 13 matchs), 11 buts et 6 passes décisives pour celui de Manchester City (en 17 matchs). En Russie, seul Isco a trouvé le chemin des filets, contre le Maroc. Mais au-delà des statistiques, c’est leur immobilisme qui a frappé dans ce Mondial, durant lequel ils sont sagement restés cantonnés sur leurs ailes respectives. Alors que c’était précisément leur faculté à permuter en permanence sur tout le front de l’attaque qui permettait à la Roja de faire la différence.

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