Les Bleus jouent à se faire peur (et c’est ce qu’ils savent faire de mieux)

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Par Hamza HIZZIR|Ecrit pour TF1|2018-06-21T17:45:38.861Z, mis à jour 2018-06-29T10:30:45.245Z

Longtemps à la recherche de son identité dans le jeu, les Bleus de Didier Deschamps l’ont sans doute définitivement trouvée ce jeudi, contre le Pérou (1-0).

"C’est quoi un style de jeu, à part des mots ?" La question, récurrente, sur la façon dont Didier Deschamps aimerait voir jouer son équipe de France agace le sélectionneur, éternel pragmatique pour qui la fin aura toujours plus de valeur que les moyens. Ses Bleus en ont encore fait la démonstration ce jeudi, en battant le Pérou (1-0) et en se qualifiant ainsi pour les 8es de finale de la Coupe du monde, sans jamais chercher à produire du jeu.

Et c’est justement sans doute cela, le fameux "style de jeu" de cette équipe de France. Une équipe qui, on l’a encore vu samedi dernier face à des Australiens en quête d’un match nul, n’aime pas dominer. Pas de circuits préférentiels dans la circulation du ballon, pas de mouvements autour du porteur, simplement une volonté de prendre les espaces, quand il y en a.

"Mon match préféré, c’était notre demi-finale contre l’Allemagne à l’Euro 2016"


Le France-Pérou de ce jeudi ne dit pas autre chose. Face à une équipe battue au premier match et dans la nécessité absolue de gagner, qu’a fait Didier Deschamps ? Il a contraint Kylian Mbappé à passer l’essentiel de son temps sur le terrain à défendre sur son flanc droit, alignant même Blaise Matuidi sur l’aile gauche de l’attaque, dans le seul but de fermer aussi ce couloir. En seconde période, on a ainsi vu les Bleus regroupés à dix derrière, avec deux lignes de quatre serrées devant Hugo Lloris, dans un rayon de 25 mètres.

C’est donc fort logiquement que le but des Bleus est venu d’une contre-attaque, comme toutes les autres occasions tricolores, y compris quand le score était encore de 0-0. Et cela a marché. C’est d’ailleurs de cette manière que le Portugal est allé gagner l’Euro 2016. Cette Coupe du monde 2018, du reste, est une ode aux contre-attaquants, très souvent récompensés par des victoires.



À l’échelle de l’équipe de France, et de la 6e année de mandat de son sélectionneur, ce refus du jeu constitue rien de moins qu’une ligne de conduite. Comme l’avait admis Antoine Griezmann lui-même le 12 juin à Clairefontaine : "Depuis quatre ans que je suis en équipe de France, mon match préféré, c’était notre demi-finale contre l’Allemagne à l’Euro 2016. On avait défendu à onze et on avait réussi à gagner avec des contre-attaques. C’est notre référence. Ça va être ça, la mentalité en 2018 je pense." Il peut désormais en être sûr.