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Sénégal-Japon : Aliou Cissé, prophète en son pays

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Aliou cissé 2018
Par Edwy Malonga|Ecrit pour TF1|2018-06-28T11:31:20.038Z, mis à jour 2018-06-28T11:31:22.810Z

C'est tout vu. Coiffure rasta et large sourire, l'entraîneur du Sénégal, dont la sélection rencontre dimanche 24 juin le Japon pour le sommet du groupe H, est charismatique. Mais il glane surtout des résultats exceptionnels à la tête de cette sélection depuis trois ans. Portrait.

Les débuts en fanfare du Sénégal doivent beaucoup au travail d'Aliou Cissé, seul sélectionneur sud-sahélien de la Coupe du monde. Une victoire que ce dernier voudra confirmer contre le Japon, dimanche 24 juin à Ekaterinbourg pour ce choc entre les leaders surprises du groupe H. Mais en attendant, voici trois choses à savoir sur le  "guide". 

Ancien de la Ligue 1

Il connait très bien le football français. Et pour cause.  À 42 ans, l'homme aux dreadlocks a d’abord été un footballeur et pas des moindres. Ce défenseur, tantôt milieu de terrain relayeur, a évolué au PSG, Montpellier, Sedan et Nîmes. Egalement passé  par l'Angleterre, à Birmingham City et Portsmouth, il est l'ex-capitaine de l’équipe quart de finaliste du Mondial de 2002 qui avait infligé une défaite aux champions du monde sortant, les Français de Zidane, Henry ou Viera. Il s'est ensuite tourné vers une carrière d'entraîneur pour devenir sélectionneur des Sénégalais en mars 2015, à la place d'Alain Giresse. 

Insuffle la culture de la gagne

Reprendre une sélection dont on a été le capitaine est une tâche ardue. Seuls le Brésilien Mario Zagallo et l'Allemand Franz Beckenbauer sont parvenus à remporter une compétition comme sélectionneurs après en avoir porté le brassard. Et comme un signe encourageant, Aliou Cissé présente un bilan éloquent avec les "Lions de la Teranga" ("hospitalité" en wolof, ndlr). En 34 matches, le natif de Zinguinchor (Sénégal) compte 22 victoires, 11 nuls et deux petites défaites (la dernière en date face à la Croatie, le 8 juin dernier).



Aliou Cissé  a mené ses joueurs en Russie grâce à un parcours sans connaître un seul revers durant les éliminatoires. Seule (petite) ombre au tableau, une élimination en quart de finale de la CAN 2017 (Coupe d’Afrique des Nations) contre d'autres "Lions". "Les Indomptables" du Cameroun.

Fier d'être l’entraîneur africain d'une équipe africaine

Le sélectionneur est aussi une exception, étant un des rares sélectionneurs du continent à entraîner la sélection de son pays. '"Les entraîneurs locaux sont peu respectés en Afrique. On manque de considération. (Stephen) Keshi (ancien sélectionneur du Nigeria et du Togo) a vécu ça, (Florent) Ibenge (RD Congo) aussi. Mais on est capables de réfléchir, de motiver une équipe, d’avoir un projet de jeu. Ce n’est pas parce que j’ai des dreadlocks que je suis léger. Ce sont des préjugés", avait-il notamment pesté lors d'une conférence de presse à la veille des débuts victorieux (2-1) des siens contre la Pologne, le 19 juin dernier. L'autre pays d'Afrique occidental présent à ce Mondial, le Nigeria, est ainsi entraîné par l'Allemand Gernot Rohr.

Un sentiment qu'il avait déjà exprimé après la qualification du Sénégal pour la Coupe du monde. "Cette qualification, je la dédie aux entraîneurs locaux, à mes collègues qui travaillent tout le temps. J’ai reçu des coups de fils d’un peu partout du continent pour m’encourager et m’exprimer leur fierté [...] A travers moi, c’est l’expertise locale qui grandit [...]. C’est une fierté pas pour moi mais aussi pour tous les techniciens africains", a-t-il notamment raconté à TV5.

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