La Pologne éliminée, une surprise qui n'en est pas une

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Pologne Colombie Lewandowski
Par Yohan ROBLIN|Ecrit pour TF1|2018-06-24T21:03:21.830Z, mis à jour 2018-06-25T20:23:02.452Z

Après son revers inaugural contre le Sénégal (2-1), la Pologne a été corrigée par la Colombie (3-0) ce dimanche 24 juin. Cette deuxième défaite en deux rencontres est synonyme de fin de parcours pour les coéquipiers de Robert Lewandowski, qui aura été transparent en Russie.

Dès le tirage au sort, on avait coché le Groupe H tant il s'annonçait indécis. Bien malin celui ou celle qui pouvait prédire les deux équipes qui allaient en sortir vivantes. Au regard de ses éliminatoires brillants, la Pologne semblait un poil au-dessus de la mêlée. Mais l'homogénéité de cette poule composée de la Colombie, quart de finaliste du Mondial 2014, du Sénégal, invaincu dans sa campagne de qualifications, et du Japon, habitué de ces rendez-vous internationaux depuis la Coupe du monde 1998, aura finalement eu raison des Bialo-czerwoni.

Battus par les Lions de la Teranga (2-1) en ouverture du Mondial russe, les coéquipiers de Robert Lewandowski se savaient dos au mur avant d'affronter la Colombie, surprise par le Japon (2-1). L'enjeu était très simple : le perdant serait éliminé de la Coupe du monde. Moins séduisante et surtout moins dangereuse que les Cafeteros, la Pologne a totalement implosé dans ce match crucial pour sa survie. La formation d'Adam Navalka a été giflée 3-0, signifiant la fin prématurée de son aventure en Russie, avec une élimination dès le premier tour.
 

>>> Le film du match Pologne-Colombie

Incontestablement, cette fin en eau de boudin pour la Pologne est la première grosse sensation de ce Mondial 2018. Passés à côté de la qualification pour la Coupe du monde 2014, après des éliminatoires catastrophiques conclus à la quatrième place de son groupe derrière le Monténégro, les "Aigles blancs" avaient retrouvé des couleurs à l'Euro 2016, ne se faisant sortir qu'aux tirs au but en quarts par le Portugal, futur vainqueur de l'épreuve. En Russie, on attendait tout aussi bien, voire mieux, d'une sélection qui avait dit-on gagner en maturité.


Lewandowski, K.-O. debout

Au soir de cette élimination dès le premier tour, force est de constater que la Pologne n'a pas fait le poids. La tête de série du Groupe H a vite déçu toutes les attentes placées en elle. Le football "créatif" promis par Nawalka n'a jamais émergé au grand jour. On savait que la défense n'était pas une assurance tout risque, avec 14 buts encaissés dans les joutes qualificatives et la blessure de Kamil Glik juste avant le coup d'envoi de la compétition. En revanche,  le secteur offensif s'est enrayé de manière totalement inattendue. L'armada polonaise, 28 pions pendant les éliminatoires, n'a frappé qu'à une seule reprise en Russie. La machine à buts Robert Lewandowski, meilleur réalisateur de la zone Euro avec 16 banderilles, n'a pas pesé sur les défenses comme il aurait dû.




Avec quatre frappes en deux matches, dont trois cadrées, "Lewy" a une nouvelle fois montré son impuissance chronique à être décisif dans les tournois majeurs. À l'Euro 2016, il n'avait inscrit qu'un but en cinq matches. Face au Sénégal et à la Colombie, il a été totalement invisible. Sans doute parce que l'homme aux 55 buts en 96 sélections n'est pas servi dans les mêmes conditions qu'au Bayern. "Je n'ai rien pu faire, on ne gagne pas un match de Coupe du monde tout seul, nous avions besoin de talents", a déploré Lewandowski. Il faudrait dire que Krychowiak, Blaszczykowski et Grosicki, sans leur faire offense, ne sont pas du niveau de ses habituels partenaires à Munich. Et quand le serial buteur i n'est pas mis sur orbite, c'est la Pologne qui le paie cash. Depuis l'Euro 2016, elle n'a jamais gagné quand il n'a pas marqué. En Russie, il est resté muet et la statistique s'est vérifiée.

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