fond Crise sanitaire : ces agents de l’État qui volent au secours des PME
Crise sanitaire : ces agents de l’État qui volent au secours des PME

Crise sanitaire : ces agents de l’État qui volent au secours des PME

Cyril Charbonnier est fonctionnaire au ministère de l'Économie, mais il travaille comme un médecin de campagne, la plupart du temps pour aller au chevet de ses malades. Ces patients : les entreprises en difficulté de Bretagne. Il est l'un des 22 commissaires français aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises. Depuis la crise sanitaire, il n'arrête pas. Ce jour-là, il est appelé par un fabricant de pièces pour l'industrie ferroviaire. Les banques ont refusé d'accorder à cette entreprise de 80 salariés un prêt garanti par l'État, qui lui aurait pourtant permis de faire face à la chute de son activité pendant la crise sanitaire. Le PDG, Hervé Catros, a besoin d'1,5 millions d'euros. Il demande à l'État de les lui prêter. Un peu moins de la moitié c'est pour le remboursement des cotisations sociales. Le reste servira à investir, car pour s'en sortir, l'entreprise doit produire plus et plus vite, donc acheter des machines plus performantes. Le commissaire aux restructurations ira donc plaider la cause de ce patron auprès des différents services de l'État. Son principal argument : ça coûte moins cher d'avoir des gens qui travaillent et qui sont heureux au travail, que d'avoir des gens qui sont malheureux au chômage. Autre dossier beaucoup plus avancé : une PME de 35 salariés spécialisée dans la fabrication de cadre de décoration, à qui la banque refuse de prêter 600 000 euros. Le patron et sa comptable sont venus demander à l'État de se substituer aux établissements de crédit. Autour de la table, un représentant de la Banque de France, des Urssaf et de l'inspection du Travail. Sous l'œil bienveillant de Cyril Charbonnier, ils viennent défendre leur projet. Comme pour un examen, les questions fusent. Ils ont eu près de deux heures pour convaincre. L'appui du commissaire a été décisif, car l'entreprise a obtenu les 600 000 euros qu'elle devra rembourser à l'État sur cinq ans. Avec la crise, les dossiers se multiplient. Pour faire face, l'État va doubler le nombre de commissaires aux restructurations.
Le journal de 20h
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Publiée le 12 janvier 2021 à 20:15
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