Document : comment la Chine efface le peuple Ouïghour

Document : comment la Chine efface le peuple Ouïghour

C'est l'une des régions les plus surveillées au monde où il nous est presque impossible d'enquêter. Nous avons été contrôlés dans nos chambres d'hôtel jusqu'au milieu du désert. Autour de nous, pas de base militaire, mais de simples dunes bien protégées. Mais il est impossible d'avancer. Une douzaine d'inconnus surgis de tous les côtés avec un seul objectif : nous stopper, quitte à employer la force. À quelques mètres, ce qu'ils cherchent à nous cacher, c'est un ancien mausolée Ouïghour, un lieu de pèlerinage aujourd'hui détruit par les autorités. La Chine veut faire oublier que ces dernières années, le Xinjiang a connu des émeutes durement réprimées. En réponse et sous couvert d'une lutte contre la radicalisation islamiste, les autorités ont enfermé près d'un Ouïghour sur dix dans des camps d'internement, selon plusieurs ONG. La Chine dément leur existence et préfère parler d'école de formation à l'ambiance joyeuse, comme ces images de propagande. Les élèves seraient aujourd'hui tous diplômés. Ces centres ont-ils fermé ? Au sud du Xinjiang, si certains ont été démantelés, d'autres sont désormais des prisons officielles. Des photos issues d'une fuite de documents officiels montrent que les plus jeunes détenus n'ont que 15 ans. À Paris, Gulbahar Haitiwaji n'a rien oublié de son calvaire. Cette mère de famille ouïghour a passé trois ans dans un camp. Libérée en 2019, elle est l'une des rares à oser témoigner. Au Xinjiang, d'autres détenus servent de main-d’œuvre dans des centaines d'usines, sorties de terre en quelques années à peine. Selon un rapport de l'ONU, la Chine y pratique le travail forcé. Au Xinjiang, la mise au pas de toute une population se joue à huis clos. Une assimilation discrète mais forcée pour contraindre les Ouïghours à devenir des Chinois comme les autres, de gré ou de force. TF1 | Reportage J. Jankowski, M. Zambrano

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